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Le Garçon, de Marcus Malte

13 Oct

Lu par… Anne

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Quatre moustaches dans le vent

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Le prix Virilo n’est pas le pays des Bisounours, comme on pourrait le croire. Les échanges y sont rugueux, les débats farouches, l’éthylisme fervent. Et les jurés sont sommés de pisser la critique en temps et en heure.

Je commis la naïve imprudence de me lancer dans la lecture du Garçon de Marcus Malte dont j’aime souvent le style et l’audace littéraire. Las, force est de constater que ce roman compte 544 pages et qu’à ce jour, j’en suis à la page 211.

Je vais donc vilement accorder 4 moustaches à ces 211 premières pages, contraignant ainsi l’un de mes confrères à une deuxième lecture, selon les règles immuables de notre beau prix.

Bonne fille, je vais tout de même dûment critiquer ces mêmes 211 premières pages, ce qui dispensera mon ou ma camarade de le faire.

Sans surprise, c’est l’histoire d’un garçon dont on ignore encore le nom à la page 210 (qu’en est-il à la page 211 ? Et à la page 328 ? Mystère, mystère…), mutique et élevé à la sauvageonne par sa mère à une époque indéterminée mais qu’on pressent antérieure au Retour à la Terre et aux élevages caprins du Larzac. Lorsque le roman s’ouvre, le pauvre  pitchoun est en train de porter sa maman sub-claquante sur son dos  pour l’emmener voir la mer (amis lacaniens, à vos stylos, je relève les copies dans 30 minutes). A croire qu’il ne marche pas assez vite, elle trépasse en chemin. Demi-tour, direction la cahute qui leur sert d’abri. Le paysage est aride, la sécheresse sévit, on bouffe des cailloux à tous les repas, la vie d’ermite, c’est pas facile. Marcus Malte a sans doute lu Manon des Sources. Ou au moins vu le film.

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Il est longagne, le gandin

 

 

Le Garçon prend ses cliques et ses claques et arrive dans un hameau occupé par de bons gros gueux. Son séjour donne lieu à de cocasses scènes de burlesque paysan. Les bonnes choses ayant une fin, il se fait virer à coup de tatanes à la suite d’un séisme. Marcus Malte a sans doute lu Giono, bravo à lui.

Le Garçon continue son bonhomme de chemin et atterrit entre les pattes d’un Ogre qui n’a de monstrueux que l’apparence car c’est en fait un catcheur itinérant qui gagne sa vie en se maravant en place publique. La période se précise, on est avant l’invention de la télé. Ce géant au grand cœur nommé Brabek est aussi un homme cultivé qui a vu le monde. Au Garçon, il offre des rudiments d’éducation et d’hygiène parce qu’à deux entassés dans une roulotte, ça a vite fait de cocotter sévère. Mais la vie est mal faite, l’Ogre finit par perdre un combat et en conclut logiquement qu’il est grand temps de tirer sa révérence. Il se pend donc à un arbre. Marcus Malte a sans doute lu Sans Famille, ça arrive à des gens très bien.

Interlude. Mettant fin à un suspens insoutenable, l’auteur nous explique que cette année-là, le monde a connu quelques fracas qui permettent de situer l’action en 1910. Marcus Malte a sans doute lu Wikipedia, toi-même tu sais.

Cahin-caha, le Garçon poursuit sa route mais là, patatras, accident de roulotte, il se paye une voiture. En 1910, c’était pas comme maintenant, il y en avait beaucoup moins, c’est vraiment pas d’bol. A croire que dans son malheur, il a quand même une sacrée chance, ce garçon : la voiture appartient à un riche notable du coin. Le brave homme est veuf, passionné par les pommes et par sa fille unique, Emma, qui joue très bien du piano et qui est fantasque juste ce qu’il faut pour pas qu’on s’ennuie, parce que quand même, il faut avouer, on hésitait un peu. Comme elle aussi s’emmerde grave, Emma prend le Garçon sous son aile, elle en fait son « petit frère », c’est plus pratique d’être deux pour peler les pommes. Mais on sent bien qu’à un moment, ils vont se faire des bisous. Marcus Malte a sans doute lu Bouvard et Pécuchet et Emma Bovary (vous l’avez ? J’avoue que c’est subtilement amené…). A ce stade, on peut même en conclure que Marcus Malte a pris un abonnement à la bibliothèque.

FIN DES 211 PREMIERES PAGES !

Le Garçon finira-t-il par connaître amour, paix et bonheur ? Marcus Malte rapportera-t-il à temps le 4e tome de la Recherche à la médiathèque ?  Le roman mérite-t-il ses 4 moustaches ? Remportera-t-il le très convoité Prix Virilo ?

Vous le saurez en lisant la suite de cette critique, disponible très prochainement sur les Internets…

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nerd

Comme Marcus, vérifiez toujours la disponibilité des ouvrages que vous désirez emprunter.

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Vous l’aurez compris, c’était une blague, et le logo est :

Aérolithe pileux

Aérolithe* pileux

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*Cassdédi Mona Ouzouf

Le grand loin, de Pascal Garnier

12 Avr

Zulma

Lu par Marine

Arghh. Double arghh. Pascal Garnier m’oblige à un exercice de sado-masochisme cette année.

Un, Pascal Garnier a sorti un nouveau roman et j’ai été assez maso pour l’acheter. Je m’étais dévouée pour Lune captive dans un œil mort et je pense que je pourrais refaire la même critique pour celui-là. En résumé : plume incisive, bonne dose d’humour noir mais la chute arrive comme un cheveu sur la soupe. J’ajouterai en bonus qu’elle est très très trash, trop peut-être pour la rapidité avec laquelle elle survient. Bref, je suis encore restée perplexe. Et avouons-le, je n’accroche toujours pas complètement.

Deux, Pascal Garnier a eu le mouvais goût de décéder avant que je rende cette critique. Ca m’apprendra à laisser traîner. Critiquer un mort… On va nous traiter de sadiques…

Intérieur Nord, de Marcus Malte

14 Oct

Zulma

Lu par Marine

Très beau recueil de quatre nouvelles pour lequel je vous propose un petit exercice de plagiat résumant les critiques qui m’ont semblées tomber au plus juste (plagiat habile j’espère).

Quatre hommes face à la mort, quatre solitudes plongées dans un monde intérieur hivernal, quatre contes « des joues de pluie et des nuits sans fin » où le lecteur ne peut que s’identifier à ces narrateurs perdus et piégés. Ces nouvelles sont les histoires de ces ornières et de la tentative de chacun pour s’en libérer ou pour les effacer. Et cela nous étreint profondément, qui nous fait demeurer mélancolique une fois le livre refermé. Le style employé, magnifique de pudeur et de simplicité, est enfin totalement en symbiose avec ces quatre fantômes plein d’humanité.

Lune captive dans un oeil mort, de Pascal Garnier

14 Oct

Zulma

Lu par Marine

Petit ratage. Je m’explique. Le style est agréable, précis et simple. Le fond du propos est inspiré, c’est-à-dire faire d’une résidence ultra-sécurisée pour « séniors » le lieu clos d’un roman à l’humour noir qui vire au thriller. La critique sous-jacente résonne en nous et sonne juste. Toutefois l’action est beaucoup trop longue à se mettre en place, le basculement a lieu très tard et la chute finale est fatalement trop brutale, sans avoir laissé le temps aux mécanismes qui l’engendrent d’avoir convenablement imprégné le roman.

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