Tag Archives: verdier

Marcher droit, tourner en rond, d’Emmanuel Vernet

18 Oct
Lu par… Alys
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Moustache farouche de derviche

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C’est l’histoire d’un homme de 45 ans, atteint du syndrome d’Asperger, dont on suit les pensées à l’occasion des funérailles de sa grand-mère. Il réfléchit aux faiblesses de ses proches, et regrette leur manque de courage et d’intégrité. Au point de trouver insupportable l’éloge funèbre de sa grand-mère qui était après tout une femme manipulatrice, dure et infidèle : « Je ne com­pren­drai jamais pour­quoi, lors des céré­mo­nies de funé­railles, on essaie de nous faire croire qu’il y a une vie après la mort et que le défunt n’avait, de son vivant, que des qua­li­tés ».
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On suit donc la réflexion silencieuse de ce drôle de héros, attaché mordicus à la vérité, la logique et à l’efficacité, et qui préfère le scrabble et la description systématique des crash d’avions aux discussions souvent insipides des gens qui l’entourent. Son inadéquation sociale et sa maladresse font qu’il lui est interdit de revoir l’amour de sa vie (alors que bon, 10 messages par jour quand on connaît la puissance de son amour, c’est pas tant que ça). Mais c’est pas grave, elle est actrice (un peu ratée, plutôt figurante), alors il achète les films où elle apparait, ne serait-ce que de dos, et ça suffit.
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En bref, un livre tendre, drôle et souvent juste sur la méconnaissance du syndrome d’Asperger. On regrette juste que l’auteur tombe parfois dans le cliché et une vision légèrement romantique du sujet.
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Les jeux de société, alternative judicieuse à la lecture de la rentrée littéraire française

 

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Entre les deux il n’y a rien, de Mathieu Riboulet

24 Oct

Lu par Bérénice

Barbiche shizophrène

Moustache rebelle

Il y a beaucoup, pourtant, dans cette courte période de l’après-68 qui sert de repère à Riboulet pour évoquer le désespoir de la lutte inutile et le repli honteux et contraint devant les puissances gagnantes, capitalisme ou sida.

De très belles pages d’anarchie.

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Sur les pavés, la moustache

Les œuvres de miséricorde, de Mathieu Riboulet

11 Nov
Moustache miséricorde

Editions Verdier

Lu par Marine

Le prix Décembre l’a couronné ? Nous n’étions pas passés à côté, rassurez-vous. Nous qui avons coutume de le railler ne pouvons que reconnaître qu’il s’agit là d’un choix tout à fait intéressant. Les œuvres de miséricorde est une œuvre très singulière, dont le lecteur ne sait pas bien si elle tient du roman ou de l’autobiographie, si elle relève de réflexions mûries avec les années ou d’une imagination assez étrange. D’ailleurs, je ne sais pas trop quoi en penser au final.

Le M de y.M.c.a, de Motard et de Miséricorde

Si j’étais l’avocat de la défense, voici ce que je dirais : Mathieu Riboulet nous propose un livre d’une maîtrise si stupéfiante que le lecteur en ressent littéralement la maturité. La langue et le discours se servent parfaitement, la construction est intelligente et originale, le propos est audacieux mais sans choqueries inutiles (les nombreuses scènes de sexe sont crues mais sans provocation) et le héros est d’une grande humanité.

Verdier, ou l’art du bandeau

Dans la peau d’un détracteur, j’écumerais cependant ceci : la construction du livre est très artificielle et repose sur un semi-détournement des œuvres de miséricorde, dont la concordance avec le propos n’est pas évidente. Les personnages sont parfois des caricatures des figures imposées auxquelles elles renvoient (exemple, l’amant allemand, espèce d’Apollon aux manières posées). Le propos est assez tiré par les cheveux. Bref on n’y croit pas. Et la dernière scène, toute en hémoglobine, laisse étrangement de marbre.

Enfin, si j’étais Christine Boutin me récrierais-je : Mon dieu, protégez-nous ! Ce torchon fait la part belle à un pervers multi-obsessionnel, homosexuel de surcroît, qui détourne des œuvres chrétiennes et les subvertit en sublimant la fange de notre société (escort boy, punk à chien et j’en passe).

Merci Christine. Grâce à toi, j’ai résolu mon dilemme. J’aime.

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