La nuit de Walenhammes, d’Alexis Jenni

28 Oct

Lu par Bérénice

Docte moustache

Docte moustache

Alexis Jenni livre encore une fois un roman exigeant et travaillé, un héros ballotté à la fois face aux luttes sociales et livré en pâtures aux événements mystérieux qui se déroulent à Walenhammes sous la houlette des mystérieux Brabançons.

C’est pertinent c’est beau mais peut-être un peu trop, justement, trop long, trop écrit pour figurer dans le chapitre sur l’hypotypose des manuels de français.

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Moins efficace que « l’Art français… » comme instrument d’autodéfense dans les transports publics.

D’autres critiques des romans d’Alexis Jenni par ici messieurs dames.

Héloïse, Ouille !, de Jean Teulé

28 Oct
Poil en bataille

Poil en bataille

Lu par François HL et Bérénice

Une version porno mais en latin d’Héloïse et Abélard.

De merveilleuses illustrations pour accompagner le propos : une lecture pédagogique à la portée de toutes les bourses.

 

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La pudeur nous oblige à ne pas faire figurer les illustrations centrales du nouveau roman de Jean Teulé.

Pour les précédents romans de Jean Teulé, c’est par ici et aussi par là.

La terre qui penche, de Carole Martinez

28 Oct

Lu par Gaël

Moustache médiévale

Moustache médiévale

Carole Martinez creuse son sillon onirico-médiéval, avec application et tendresse.

Le livre tranche incontestablement dans le paysage littéraire, on l’aimerait parfois un peu plus nerveux.

Courtesy No Salad Thanks

D’autres romans de Carole Martinez par ici.

78, de Sébastien Rongier

28 Oct

Lu par Bérénice

Moustache imaginaire

Parce que le logo « Zéro moustaches » n’existe pas.

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Même à la page 78, il n’y a rien de notable.

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Déréliction chez les jurés.

L’Oragé, de Douna Loup

28 Oct

Lu par Bérénice

Moustache absolue

Moustache ravie

Madagascar, île lointaine et immensité inconnue ; face à la récurrence qui semble se dessiner sous les jaquettes de la rentrée, les jurés ont un instant craint l’installation d’une résidence d’écrivains outre-mer, nouveau transsibérien à la mode 2015. Galant, Mercure nous a détrompé (cette blague est offerte par le portail wiki des maisons d’édition).

Douna Loup raconte quatre années, de 1920 à 1924, de la vie des lettres malgaches, incarnées par Rabearivelo, jeune poète qui a choisi le français, et Anja-Z (Esther), poétesse de dix ans son aînée farouchement attachée à sa langue maternelle. Récemment passée sous l’autorité de Galliéni (en 1895), Madagascar est francisée, passée au filtre de la colonisation et de son sentiment de supériorité, Madagascar est ravalée, utilisée, abêtie. Aux racines de l’indépendance, quatre ans seulement suffisent à l’émergence d’une littérature ancrée dans son île, indubitablement malgache quelle que soit la langue dans laquelle elle s’écrit. Après un bref prologue qui court de 1907 à 1927, Douna Loup s’attache alternativement à la parole des deux poètes. Roman d’initiation autant que cri de liberté, E et R, comme Loup les désigne, s’épaulent et s’empoignent dans Antananarivo. Pacte scellé lors de leur première rencontre, ils veillent l’un l’autre à leur esprit créatif et critique.

R grandit, s’affirme, façonne sa liberté. Ce qu’il en fera est laissé au lecteur, ce dernier saura juste qu’E est demeurée poétesse et que R l’est devenu. L’ensemble est entrecoupé d’extraits percutants de la presse coloniale de l’époque. Symptomatiques, ces courtes phrases soulignent avec habileté le propos sans sombrer dans une fréquence qui tiendrait du procédé ni tenir la main au lecteur.

Images intégrées 1

Une femme comme repère

Esther est la figure centrale de ce roman presque poésie, femme libre et autogouvernée, seule figure de proue de sa propre cohérence. Dans l’Antananarivo des années 20, cette indépendance demande du courage. Amante du français Malvoiz, journaliste dont on ne sait trop qui il est, ni ce qu’il pense, ni ce qu’il cherche, et de quelques autres, elle refuse toute domination et aspire à être sans contrainte. Inconnue (du moins me semble-t-il) de nos parcours ombilico-métropolitains, sans doute car elle fait le double affront de ne ne publier qu’en langue hova et d’être une femme, elle donne, en français pour une fois, une leçon de langue.

On croise quelques figures périphériques de ce monde de création, entre littérature et politique, mais on ne s’éloigne jamais des deux protagonistes, réplique du tiraillement qui vit en R entre langue maternelle et français pollinisateur. Ce tumulte créatif, E, souveraine de sa langue, en profite, funambule assurée, pour tracer le chemin. R s’en nourrit, s’étoffe, en profite pour picorer au passage au jeu de la séduction, dont on doute qu’il l’intéresse vraiment, et recherche sa voix, celle qui inclut et surpasse les prétentions civilisatrices.

La parole en morceaux

 

Loup permet, par une langue très poétique, se nourrissant de vocabulaire malgache, un roman où la richesse des mots tient une place prépondérante, sans négliger de brosser, beautés évocatrices, les odeurs planant sur les les collines, la lourdeur des couchers de soleil un rien grandiloquents et de ses levers un peu poussifs et le fourmillement de la vie posée sur la poussière. Poreuses à la poésie, les phrases de Loup sont ciselées, suspendues, reprises. Le rythme est réinventé par les dialogues et les scènes où le corps s’émeut.

Le mélange élégant entre poésie, éclairage d’une période sur laquelle on s’est ensuite entendu pour jeter un voile pudique et personnages historiques toutefois méconnus est brillamment mené.

L’interlocutrice, de Geneviève Peigné

28 Oct

Lu par Bérénice

Moustache imaginaire

Quasi-moustache

Relativement court, ce livre reste trop long puisqu’il sert de faire-valoir à l’auteure qui essaye désespérément de se convaincre qu’elle a été une bonne fille pour sa mère atteinte de démence.

C’est très dommage puisque l’insertion des photocopies de pages des livres annotés par Odette (la mère) est une très bonne idée et qu’au surplus, si Odette avait publié seule, elle aurait sans doute obtenu 3 moustaches.

Soumission, de Michel Houellebecq

28 Oct

Lu par Paul

Barbiche shizophrène

Barbichette à poil dru

Les amateurs de Houellebecq ont appris, avec le temps, à apprécier les traits de génie de l’écrivain tout en faisant abstraction de ses mauvais penchants. Lesquels prennent souvent la forme, autant se l’avouer, de scènes olé-olé que ne renierait pas Gérard de Villiers dans ses mauvais jours.

La magistrale Carte et le Territoire, pour une raison inexpliquée, faisait exception à la règle et paf ! Prix Goncourt.

Mais Michel n’a pas dit son dernier mot. Dans Soumission, il montre qu’il n’a rien perdu de sa capacité à prolonger les trajectoires de nos peurs collectives. Le tableau est encore une fois de qualité, si ne faisaient pas irruption dans le champ quelques étudiantes ambitieuses (et donc nécessairement délurées) et quadras-quinquas dépressifs (et donc nécessairement échangistes).

C’est bien tenté, mais ce mariage de la Carte et du lapin apparaît encore une fois un peu contre-nature.

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Juré du Virilo tentant de vivre sa vie selon les standards houellebecquiens.

D’autres chroniques des romans de Houellebecq ici.

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