Petit pays, de Gaël Faye

24 Oct

Lu par … Alys

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Moustache fleurie

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Le Petit Pays, c’est le Burundi. Là où a grandi le narrateur. Une enfance de paradis, au fond d’une ruelle de Kinanira, un des quartiers chics de Bujumbura. L’histoire est racontée du point de vue d’un enfant, Gabriel. Une mère rwandaise, et un père français exilé au Burundi. Gabriel grandit avec son père et sa soeur, et surtout entouré de ses copains avec qui il fait les 400 coups. Et puis le pays d’à côté décide de massacrer la moitié de sa population alors petit à petit tout bascule, et Gabriel grandit plus vite que prévu.

Petit pays parle de beaucoup de choses : du couple, de l’enfance, des Blancs et des Noirs, de l’Afrique et de la France et puis bien sûr, de la guerre. Mais surtout, il parle du pays, ce petit pays. Et de ces instants de bonheur qui arrivent rarement jusqu’à nous :
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« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
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Un roman doux et lumineux.
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Membres du jury exultant (enfin)

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Mais aussi lu par… Bérénice

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Moustache fournie, mais moins

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Petit Pays est raconté par Gaby, qui choisit son nom à défaut d’avoir prise sur les autres événements dans sa vie, et n’est donc pas Gabriel. Gaby a une mère rwandaise, tutsi, laquelle inculque sans qu’ils le veuille vraiment à ses enfants la douleur de l’exil, du pays insaisissable pourtant tout près, juste derrière les lacs et les montagnes. Son père est français, engoncé dans sa vie un peu ratée. Il est burundais, et en même temps rien de tout cela.

Petit Pays est un livre aux qualités indéniables, avec des pépites : Bujumbura a l’air si belle sous la plume de Gaël Faye, les jeux de l’enfance sont retracés et rendus avec talent, le mariage de son oncle mélange espoir et peur.

Pourtant, pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de ne pas être totalement convaincue. Le début (prologue et quelques pages suivantes) ainsi que la fin ne portent pas assez, on sent qu’il a fallu du temps à l’auteur pour se plonger dans son récit, mais aussi pour en sortir.

Surtout, la voix de Gaby qui nous plonge dans l’enfance, mettant à la fois distance et naïveté brutale dans l’horreur de la guerre civile sur fond de famille qui se délite, perd de sa force et l’on n’y croit malheureusement plus tout à fait. Est-ce vraiment un gamin à peine sorti de l’infans qui écrit à Laure, sa correspondante française qui voudrait savoir s’ils ont bien reçu le riz ? Cette voix qui ne déraille pas juste vers l’adolescence sonne un peu faux, et cela m’a gâché une partie du roman.

Je lirai avec plaisir les livres à venir de Gaël Faye car il possède en effet une force que j’ai admirée, mais elle gagnerait à être travaillée. A comparer l’incomparable, car le propos littéraire n’est pas le même, je reste marquée par L’autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie, alors que Petit Pays s’estompe un peu, et je le regrette.
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fatherson

Petit pays deviendra grand

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