Hiver à Sokcho, d’Elisa Shua Dusapin

8 Oct
Lu par Gaël
critique3

Bouc naissant

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J’avais acheté ce roman au hasard, attiré par sa très graphique couverture, les 24 ans de son auteure, sa quatrième de couverture qui promettait un Emploi du temps mâtiné de Lost in Translation.
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Du bleu, du blanc, du rouge, dusapin

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De fait, ce court récit d’une rencontre avortée entre un auteur de BD normand à la recherche de l’inspiration, et une jeune coréenne née d’un père français et inconnu m’en a donné pour mon argent. Le personnage principal (comme chez Butor, selon moi), c’est le décor choisi : Sokcho, dernière ville d’importance avant la frontière avec la Corée du nord sur la côte de la mer du Japon.
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Un port de pêche industriel, devenu bout du monde par la passion des tracés frontaliers, noyé dans les brumes et la torpeur et où tentent de surnager quelques traditions coréennes (le livre fait notamment la part belle à d’épiques descriptions de la rustique nourriture locale). Un lieu fait pour l’exil, des deux personnages principaux mais également d’une galerie de personnages secondaires, notamment les clients de la pension où travaille l’héroïne et où aurait pu se produire la rencontre.
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kpopvirilo

Le savais-tu ? Les plus grandes stars de la K-pop ne manquent jamais la soirée de remise du Virilo

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Indubitablement, l’atmosphère est fortement rendue, de même que les tensions qui agitent l’héroïne déchirée entre une mère trop présente mais qui a abdiqué, une France inconnue au fumet d’Oedipe et une vie impossible à Séoul, trop loin, trop chère. Sokcho est une sorte de point d’équilibre du rien, patrie sans joie mais sans danger. Il y a des promesses dans ce roman, qui s’englue un peu dans trop de couches de mélasse : l’écriture est à l’image du décor qui imbibe lui-même les personnages. Rapidement, écriture blanche, ville post-industrielle en déclin et apories des contacts humains forment un cocktail d’où on a hâte de s’extraire, non pas parce que c’est mauvais mais parce que le manque d’espoir finit par y raréfier l’oxygène.

Une auteure à suivre, donc, dont on espère qu’elle retrouvera un peu de goût à la vie.

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