Souviens-toi que l’amour n’existe pas, de Diane Gontier

20 Juin

Lu par Guillaume

En 2016, toujours pas de logo zéro moustache

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Retour en 2015

Ce livre n’avait pas vocation à concourir pour le prix Virilo : dès le départ, nous savions qu’il était mauvais. Le lire et le chroniquer tenait exclusivement de la blague de potache, qu’on en juge : un livre vendu comme un Fifty Shades of grey à la française ; écrit par une jeune femme tentant de se lancer dans deuxième carrière vaguement sulfureuse ; cerise sur le gâteau, qui lui donnait tout son sel, Diane Gontier se faisait plutôt appeler jusqu’à récemment Diane C. (voir mots-clefs). L’ouvrage avait tout pour être la cible de quelques quolibets faciles, plaisir de la revanche sociale sous de minces oripeaux de LOL.

Je le ramène donc un soir à la maison, avide d’une bonne injection de moquerie pure, de la brûlure du ricanement coulant à travers mes veines et m’éclatant directement le cortex. On m’en avait raconté la trame ridicule, quelques travers d’écriture, la vision du monde totalement aberrante et le manque d’imagination, riche terreau pour d’exubérants clichés. Je ne m’attendais à rien mais j’avais hâte.

Spoiler : une plongée réaliste dans le monde de la biologie médicale

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Las : les stratégies éditoriales sont les plus fortes. Du haut de notre palmarès Minuito-Cortiesque, je pensais me moquer, en même temps que de l’auteure, de ses lecteurs appâtés par le fameux « fifty shades of grey à la française ». En réalité, la véritable cible éditoriale, c’était moi : le demi-mondain parisien en quête de la plaisanterie facile sur une fille de demi-star.

Auto-roulette-russe

J’ai presque envie de saluer le génie de l’auteure, vengeance particulièrement habile à l’encontre de mes semblables, d’autant plus réussie qu’elle se joue à retardement. Terroriste de l’écriture, Diane Gontier a amorcé une machine infernale à triple détente, qui n’explose qu’avec la complicité active de la victime. J’aurais dû laisser ce livre chavirer tranquillement avec les autres déchets de la marée noire littéraire, au lieu de céder à la facile provocation.

L’auteure manie à l’encontre de ses bourreaux-victimes l’arme la plus terrible qui soit : l’ennui. L’intrigue se voudrait une dentelle, elle n’est qu’inutilement tordue. La majorité des personnages et des situations sont totalement forcés et ne la servent en rien. L’écriture est celle du bon élève, soucieux de s’assurer que son lecteur a bien saisi l’ensemble du jeu subtil, intriqué et pernicieux du désir, et qui le présente donc bien à plat, comme un labyrinthe de Pif Gadget. Dans la jungle des clichés la machette du second degré s’émousse rapidement. Vers la page 67, le voyageur abat son dernier baobab. Ensuite, il ne peut plus compter que sur sa volonté.

Jeu de miroirs infini du sado-masochisme, où le lecteur voyeur devient victime exhibée ? C’est ce que je plaiderais si j’étais l’éditeur, traduit devant le tribunal de la littérature et ses jurés demi-habiles. Reste qu’on se demande vraiment pourquoi des merdes pareilles sont éditées et vendues 19 euros.

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