La Montée des Cendres, de Pierre Patrolin

10 Oct
critique5

Moustache de flammes

Editions P.O.L

Lu par François H

Fascinant.

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Un jeu de mots envoûtant.

Exactement comme un feu de cheminée dans l’obscurité et la fraîcheur d’une soirée d’hiver.

L’obsession du feu

Pierre Patrolin livre une partition extrêmement intéressante… Et pourtant la trame est mince. Jugez plutôt : un homme, le narrateur, vient d’emménager dans le quartier des Halles, son nouvel appartement est doté d’une cheminée. Le feu devient l’obsession du narrateur : l’entretenir, l’alimenter. Dans un Paris de fin du monde, un hiver de pluie sans fin, une crue de Seine attendue et redoutée, la rénovation des Halles imposant un paysage post-apocalyptique au cœur de la Capitale.

La chaleur et la sensualité du foyer

C’est réellement un roman du paradoxe, des contraires : l’eau qui descend sans pause du ciel, la fumée qui monte, la solitude et le froid de l’hiver, la chaleur du foyer, sa sensualité aussi. Le travail autour de l’entêtement, de la résistance impose son rythme, le roman est composé avec intelligence autour des quatre éléments qui s’opposent et se complètent.

Même la fin du roman qui aurait pu, avec moins de talent, passer pour un tour de passe-passe des plus pénibles, achève de convaincre.

Ce roman ne plaira pas à tous, certains seront vite lassés par la modestie des développements narratifs (globalement ils ne se passent pas grand-chose) mais l’écriture, ample, large, obsédée et obsédante ravira ceux qui savent apprécier une œuvre pour son ambition littéraire : La Montée des Cendres fait texte. Et pourtant il ne s’agit pas d’un exercice de style un peu stérile. Le roman vit, comme le feu, il vous dévore.

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fumeux

fumeux

Lu par Claire et Lina

Ce roman possède certes d’indéniables qualités : plutôt agréable à lire, une ambiance « fin du monde » assez bien rendue, et surtout, une virtuosité certaine à manier le lexique pyromane sur deux cents pages. Un véritable exploit, en quelque sorte.

Ces quelques braises suffisent-elles pourtant à enflammer le lecteur?  Que nenni. L’obsession de l’auteur pour tout ce qui brûle (le carton ne brûle pas comme le bois, qui lui même ne brûle pas comme le quignon de pain… on s’en doutait un peu), vs. tout ce qui mouille, la pluie qui tombe, la Seine qui monte et les platanes détrempés : plus que lassante, morose, triste remake de  » la pluie ça mouille, le feu ça brûle, etc, etc « , une chanson d’anthologie à la qualité qu’on lui connaît.

Seul un pompier moustachu aurait pu sauver le bouquin

Seul un pompier moustachu aurait pu sauver le bouquin

On ne va pas « spoiler » la fin pour ceux d’entre-vous qui vouent un culte à François H, auteur de la critique ci-dessus, et qui souhaitent donc dévorer le roman, mais, chuuuut, cette manie de la flamme se termine comme on le devine, par une accélération du rythme qui tend à prouver que l’auteur lui-même n’en pouvait plus !

A moins d’être un boulimique du feu de cheminée, adorateur de brûlage d’objets en tout genre, fanatique d’allumettes et pyromane incompris, on s’ennuie terriblement. Sans histoire, la qualité de l’écriture ne suffit malheureusement pas à porter un roman.

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