Pièce rapportée, d’Hélène Lenoir

19 Sep

Editions de Minuit

Lu par Marine

Virilo !

Pour reprendre, de façon assez libre, les mots de notre cher président (du Virilo, entendons-nous bien) : « Les critiques les plus difficiles à écrire sont celles des livres que l’on a vraiment aimé. Prenez Eric Chevillard, je n’arrive pas à produire quelque chose de bon quand il s’agit de son oeuvre alors que je la vénère ».

Avoir une deuxième moustache est toujours de trop. La belle-famille, c'est comme la deuxième moustache.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je vénère Hélène Lenoir, que par ailleurs j’avoue méconnaître foncièrement. Toutefois, Pièce rapportée est, d’après moi, largement assez bon pour que j’en reste séchée, de peur de me laisser tenter par des clichés faciles de la critique littéraire, voire de succomber au lyrisme (ce qui n’est pas contradictoire).

Si je me lançais quand même, je dirais ceci (avec tous les risques sus-mentionnés) :

Rarement trouve-t-on une écriture à ce point au service de l’histoire, une histoire construite comme un puzzle dans lequel on se perd, on devine, on hésite, avant, dans les dernières pages, de remettre en ordre tous les élément disséminés jusque là. La famille, puisqu’il s’agit de l’objet exploré, y est d’ailleurs un agglomérat de dits et de non-dits, de faux-semblants, d’illusions, de déceptions et de petites victoires. Notre guide dans ce labyrinthe (ou embrouilleuse c’est selon) est Elvire, qui est elle aussi tour à tour obscure, joyeuse, méprisable, innocente, combative, lâche et j’en passe. Mère de deux filles, l’une fugueuse, l’autre gravement accidentée, elle aurait pu servir de prétexte à une histoire seulement tragique ou simplement glauque. Mais en sous-bassement rien n’est figé, binaire ou moralisant.

Pour terminer sur une dernière citation de haut vol (comme ça la boucle est bouclée) : « J’ai aimé. J’ai aimé c’est sûr, je l’ai ressenti » (pour ceux qui seraient tombés sous le charme de ces paroles profondes, allez voir du côté de la puissante chanteuse Sandrine Kiberlain).  Et j’aurais été contente d’aimer et de défendre avec enthousiasme au moins un roman français cette année.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :