Revenants, de Patrice Lelorain

13 Sep

éditions de la Table Ronde

Lu par Paul

"Braiiiiiiin"

Glâbre

« Revenants est une fresque underground, un roman choral écrit au cordeau. » 
Les lieux communs égrenés en quatrième de couverture ne vous ont pas découragé de débourser vingt euros ? C’est bien dommage. 

"Une chair triste et sans conviction"... Normal

Car avec vos vingt euros, sachez que vous auriez pu vous rendre au bar PMU du coin et offrir quelques bières au poivrot qui est là, accoudé au zinc. Il vous aurait alors raconté quelques épisodes de sa vie, ses conquêtes, ses amis tombés dans la drogue, sa marâtre de mère. Pour le même prix, vous auriez eu droit aux mêmes histoires, aux mêmes considérations sur l’existence, mais avec des cacahuètes gratuites.

Revenants passe aussi, malheureusement, à côté de la catégorie « Trop Virilo », malgré plusieurs chapitres qui auraient pu s’intituler « A nous les petites Suédoises ». Sauf que la chair, à l’image du style du roman, y est triste et sans conviction.

Un petit coup de mou à vite oublier, en espérant que le prochain ouvrage de Patrice Lelorain soit un vrai coup de poing dans la gueule.

______________________________________________________

Lu par Lina

Duvet clair

2 Réponses to “Revenants, de Patrice Lelorain”

  1. Deashelle 30 septembre 2011 à 8 h 55 min #

    Je trouve que ce roman qui s’éternise est finalement décevant à cause du nombre incalculables de personnages qui circulent au fil des pages et se ressemblent tous, plus ou moins. Aucun n’est vraiment attachant, pas même le narrateur qui est un être fort nombrilique et vain.

    Le fait d’appeler ces personnages réels par des initialesou des prénoms est très gênant : on perd sans cesse le fil, surtout que la caractérisation de chacun est souvent des plus sommaires. Il serait utile d’avoir une photo de groupe ou un trombinoscope, on s’y retrouverait mieux. On est donc devant une pléthore d’énergumènes des années 80 dont le fond de commerce est la drogue, le sexe, les sorties nocturnes. Big deal !

    Fait de futiles préoccupations, ce roman ne démarre jamais. Pas d’intrigue visible à l’œil nu. Pas de points d’ancrage. Tout flotte, tout glisse, tout se perd. La langue, par contre est très belle et très souple, comme si elle appartenait à une autre époque. Ce n’est certes pas le vocabulaire qui étonne, ou les métaphores, mais le balancement et le rythme des phrases. Cet auteur a un don d’ensorceleur là, qui vous empêche d’interrompre la lecture de façon définitive, bien que la tentation soit grande.

    Transposons à notre époque: il serait épuisant d’écouter des histoires d’adolescents qui se raconteraient en cascades, énonçant les faits et gestes de leurs amis Facebook en boucle. Il ne suffit pas d’avoir une existence biologique ou virtuelle pour être un personnage de bon roman. Il faut que l’auteur utilise l’écriture pour faire jaillir une nécessité. Qu’il ait ses personnages dans la peau, et les fasse prendre vie de façon radicale et inventive. Ici on reste dans l’effleurement et la superficialité. Image des années 80 ? Manque de substance et de vrai tissu humain de toute façon.

    Même si à la manière d’adolescents rêvant d’une image forte, ces personnages semblent vouloir nous accaparer, avec cette prétention de nous charmer aux petites heures jusqu’à la lisière du sommeil, on s’endort. Le joli ronron de la langue ne chante que le vide. Comme dans Monsieur Plume … « et il s’endormit » .

    • Prix Virilo 13 octobre 2011 à 11 h 58 min #

      Merci Deashelle pour votre excellent commentaire. Votre style n’a rien à envier à celui de P. Lelorain. Je vois en tout cas que vous aussi auriez préféré vous offrir une bière.

      Sans vouloir faire de procès d’intention à l’auteur, la lecture de cette enfilade de personnages décrits par des initiales évoque un de ces romans autobiographiques qui font certainement plaisir à celui qui y retrouve son propre personnage (je suppose que le « Hubert V2 » n’est autre que Védrine). Mais nous autres lecteurs, qui n’avons pas la chance de savoir à l’avance quels personnages se cachent derrière ces descriptions sommaires, nous sentons cruellement abandonnés sur le bas-côté.

      N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur le reste de la rentrée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :