Un lac immense et blanc, de Michèle Lesbre

12 Sep

Sabine Wespieser

Lu par Stéphane

De la tentation du name dropping en littérature

Malevitch (école de)

Rasoir

Chacun peut témoigner de l’insondable plaisir que l’on peut avoir à converser en soirée avec ces gens fabuleux qui connaissent tout le monde et vous le font savoir : « Guillaume Canet ? Un vieux pote. Je l’ai présenté à Marion sur le yacht de Luc sur la croisette, on était au bar, Gérard a encore tenté de pisser dans une bouteille, on a dû le porter avec Edouard mais il s’est fait dessus, Sharon était choquée ».

Eh bien figurez-vous que ces gens-là écrivent des romans et infligent au monde l’équivalent littéraire des fascinantes élucubrations qui précèdent, ce qui donne :
« je pensais à Antonioni »
« j’avais alors une idée littéraire de la ville, due à l’œuvre de Bassani »
« je me suis souvenue du passage de De Chirico et de son frère pendant la guerre de 14-18, de l’amitié entre Bassani et Antonioni »
« Je n’aurais pas parlé de Laura Betti »
« je me souvenais d’elle dans plusieurs films, sublime actrice, ceux de Pasolini qui fut son grand ami »
« je me souvenais de son terrible rôle de fasciste perverse dans 1900 de Bertolucci »
« A l’automne, Kerouac mourait. »
« Ce sont souvent des mots de Jankelevitch qui me viennent lorsque je pense à Antoine. »
« Je l’ai longtemps soupçonné d’écouter Charlie Parker en douce. »
« C’est beaucoup plus tard que j’ai pu lire la traduction de Tendre barbare de Bohumil Hrabal. »
« Je reconnaissais les balbutiements d’une sonatine de Diabelli. »
« J’imagine Jeanne Moreau dans l’appartement de cet immeuble au pied duquel je reste immobile et aux aguets. »
« Marguerite Duras l’avait ajoutée au scénario. »
« Nous pourrions parler de la sonatine, de Moderato Cantabile »

Idée litteraire de la moustache, due à l'œuvre de Chirico

C’est vrai, nous pourrions en parler, heureusement, ce ne sera pas le cas, puisque l’essentiel est de citer, n’est-ce pas ? Le texte est d’ailleurs joliment clos par une bibliographie des romans et films évoqués, qui constitue un habile résumé du roman. Commencez donc par la fin. Et arrêtez-vous là.

P.S. : mention spéciale à l’intrigante dédicace, « A Sabine W. » Mais qui cela peut-il bien être ? W… W… Like what ? Like Wespieser maybe (ndlr : l’éditrice)? On n’en saura pas plus. Le mystère est déjà là, tout entier : il ne nous quittera plus.

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Lu par Xavier

Duvet sombre

Bien écrit, mais classique.

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