Mimi, de Sébastien Marnier

12 Août

Une moustache mimi. C'est le seul lien avec le livre

Lu par Paul

Duvet de caïra

Sébastien Marnier relève avec cet ouvrage un pari courageux, qui est celui de faire de son narrateur une petite frappe de banlieue parisienne. A aucun moment cela ne sonne faux, mais il faut en payer le prix : sur la forme, près de 400 pages écrites au présent de l’indicatif, avec le vocabulaire de quelqu’un qui n’a jamais vraiment été scolarisé. Amateurs de belles lettres s’abstenir. Sur le fond, un paysage intellectuel déprimant, une capacité d’abstraction nulle et une référence constante et tourmentée à la sexualité. Marnier veut nous faire souffrir, autant que souffre l’anti-héros de son roman.

Enfant, le narrateur persécute un autre gamin, Barthélémy ou « Mimi », que tout le monde au collège s’accorde à traiter de « pédé ». A l’âge adulte, il le recroise et travaille pour lui incognito, en tant que chauffeur (car Mimi a réussi dans la vie, il fait président de conseil général). L’homosexualité supposée de Mimi devient une véritable obsession, ce qui entraîne le lecteur dans des dérives où l’on se surprend à s’intéresser davantage aux failles psychologiques du narrateur qu’aux faits qu’il décrit.

Un ouvrage intéressant si vous souhaitez faire de la psycho « embedded », comme d’autres font du journalisme.

Dans le milieu du football, joueurs et supporters partagent souvent les points de vue et la finesse de notre héros, comme le rappelle trop fréquemment l'association Paris Foot Gay.

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