Dans la nuit brune, d’Agnès Desarthe

14 Oct

L’Olivier

Lu par Marine

J’ai été un poil (de moustache) de lisser avec amour les pages de ce roman. Et il y eut le poil de trop, celui qui rompt le charme du favori installé si bien dans un visage qu’il semblerait qu’il y ait toujours officié. En l’occurrence, il y eut les vingt dernières pages (approximativement), qui, je trouve, sont une offense au lecteur, tellement toutes les autres étaient bonnes. Alors quoi ? On ralenti la course avant la ligne d’arrivée, si sûre de soi ? Je ne suis pas dupe, ce n’est pas qu’Agnès Desarthe ait tout à coup ressenti un poil lui pousser dans sa paume. Non, il est au contraire clair que cette fin calamiteuse (de mon point de vue) était voulue. Car à la fin (désolée pour le suspens), comme dans plein de livres actuellement, on découvre avec stupeur que les nazis ont assassiné des juifs (pourtant nous disposons d’un indice formidable dans le titre). Incroyable. Surtout que, franchement, cela ne résout absolument pas l’énigme du roman, qui, elle, passe à la trappe par un tour de passe-passe mesquin. D’ailleurs, qu’est-ce que ce fatras vient foutre là, nom d’un pelage hirsute ? Tout était parfait dans cette histoire, l’ambiance mystérieuse (voire surnaturelle), l’émotion si bien distillée, les rapports entre humains excellemment décrits, l’écriture limpide et en fusion totale avec le propos qu’elle soutient et l’humour (oui, j’ai ri aussi)… Snif. Pourquoi ? Hein, pourquoi ??

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