Savoir-vivre, d’Hédi Kaddour

1 Avr

Gallimard

Lu par Stéphane

En 2005, Hédi Kaddour a écrit un roman extraordinaire : Waltenberg. Une histoire d’espionnage fascinante, traversant tout le XXème siècle, où réflexions géopolitiques et esthétiques venaient s’intégrer à une trame narrative haletante. Une vraie réussite pour un premier roman, qui laissait espérer beaucoup.

Peut-être avait-il placé la barre trop haut ? Son deuxième essai, Savoir-vivre, paraît en tout cas bien fade à côté de la montagne Waltenberg.

Max et Lena, deux des héros du roman précédent, jouent cette fois-ci le rôle de spectateurs d’un drame, tiré d’un fait réel, dans l’Angleterre des années 20.

Comme dans Waltenberg, les personnages sont d’un raffinement hors du commun. L’arrière-plan historique, très documenté, ne peut que susciter l’intérêt du lecteur. Le rythme si particulier de l’écriture d’Hédi Kaddour est toujours là, lancinant, enveloppant narration, description, dialogue et pensées dans de longues phrases, qui nous font subrepticement entrer dans la peau de ses héros.

Mais pour quoi faire ? A l’inverse du premier chef d’œuvre, qui, plein de démesure, visait à envelopper tout un siècle, Savoir-vivre ne semble avoir qu’un propos anecdotique : pointer les difficultés des femmes dans les années 20 peut-être ? Rien de neuf là-dedans. Mettre en lumière la montée des mouvements fascistes en Angleterre ? Est-ce vraiment un but romanesque ? S’amuser d’un fait divers peu commun jeté aux oubliettes de l’histoire ? Then what ?

Espérons qu’il y ait autre chose, qui m’ait échappé, car cette débauche de talent s’accommode mal de si peu d’ambition.

Lu également par Marine

Je n’ai pas lu Waltenberg, son précédent opus (génialissime a priori) mais je crois que m’y attèlerai dès le prix Virilo rendu. Mais ne vous inquiétez pas, je ne compte pas faire la critique d’un autre livre que celui annoncé, dont d’ailleurs je ne connais pas grand-chose… Revenons à nos moutons, c’est-à-dire l’histoire d’un homme assez particulier, engagé dans un des partis fascistes émaillant la vie politique britannique des années 30, histoire que nous découvrons avec un journaliste français (que l’on imagine moustachu) et une cantatrice américaine. Disons-le tout net, je suis restée sur ma faim, regrettant que l’auteur n’ait pas manifesté plus d’ambition pour son sujet et pour ces personnages. Bref, je vais me tourner vers son œuvre antérieure, réputée très très ambitieuse, pour le coup.

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