Nous autres, de Stéphane Audeguy

16 Oct

Gallimard

Lu par… Marine

Un livre pour nous, Européens fascinés par les tragédies de l’Afrique, qui ne tombe ni dans les habituels pensums misérabilistes ni dans la charité mal placée, mais un peu quand même dans ce penchant incurable qui doit nécessairement nous faire tomber amoureux de ce continent où les sentiments seraient plus vrais, les émotions plus intenses et les histoires plus magiques. Cela reste sans gravité si l’on assume qu’imaginer la possibilité d’autres schémas nous plaît à nous, pauvres citadins engoncés dans une société cupide et matérialiste. Même si cette Afrique rêvée est elle-même corrompue par nos sales idées, moins que nous certes, mais avec des effets autrement plus dramatiques.

J’ironise mais ce roman est indéniablement touchant et prenant. Sa force vient d’ailleurs certainement de la construction des personnages qui le composent, tous « vrais », sans artifice. Le style est en outre à l’avenant, simple, efficace, poétique même par moment. Et malgré quelques clichés distillés ça ou là (le héros n’était pas obligé de tomber amoureux d’une championne de fond kenyane des hauts plateaux et aux ethnies mélangées), le « nous autres » apporte quelque chose d’original, même s’il renvoie encore et toujours à cette Afrique millénaire mère de l’humanité. Argh ! Nous sommes donc piégés. Ma raison cynique de parisienne diplômée moque mais mon âme de lectrice romantique se soumet au talent de l’écrivain.

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Lu par … Philippe

Marine a tout dit. J’ai été marqué par quelques très belles descriptions au style léchées et fluides qui détonnent dans une rentrée littéraire qui aime parfois la lourdeur. Le parti-pris littéraire, pour artificiel qu’il paraisse au départ, est suivi et fait sens.

On n’échappe pas en effet à quelques passages fatigants (l’amourette avec la kenyanne), et à l’africanisme à bonne conscience, mais est-ce un mal ? Sans que je m’y attende pourtant, avec douceur et empire, ce roman résonne encore en moi, comme un bon vin laisse pour longtemps son souvenir en bouche.

C’est déjà beaucoup.

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