Palmarès 2015

4 Nov
Les jurés sont contents : c'est fini pour cette année

Les jurés contents : c’est fini pour cette année

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LAUREAT DU PRIX « VIRILO » 2015 :

Ce fut un vote passionné.

Le jury décerne le Prix Virilo 2015 à :

L’Oragé, de Douna LOUP (Mercure de France)

L’Oragé est le titre magnifique de cet ouvrage qui croise avec élégance l’histoire récente de Madagascar et les trajectoires de deux grands écrivains. C’est une langue poétique que celle de Douna Loup. Les couchers de soleil y sont lourds, et leurs derniers rayons grandissent un peu plus les ombres des deux poètes qui recouvrent donc la terre de Madagascar et –c’est tant mieux- cette rentrée littéraire.

Elle l’emporte, pour 6 voix contre 5, face à Une forêt profonde et bleue de Marc Graciano (Editions Corti). Elle se verra donc remettre par le jury un chèque de 11 euros, soit un euro de plus que le Prix Goncourt.

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LAUREAT DU PRIX « TROP VIRILO » 2015 : .

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trop virilo

L’évidence Trop Virilo

 

La rentrée littéraire manque parfois de talent mais jamais de testostérone. Elle jaillit, elle pègue, elle s’impose. Comme c’est chic et qu’il était tard, nous avons, nous aussi, un ex aequo pour le prix Trop Virilo 2015.

Quand le diable sortit de la salle de bain, de Sophie DIVRY (Notabilia).

Le Prix Trop Virilo, c’est une ambition. Nous recherchons le bukkake littéraire. Merci à Sophie DIVRY d’y avoir si littéralement répondu par son calligramme turgescent. Le reste du bouquin est creux, mais comblé par plein d’idées un peu marrantes, vraisemblablement issues d’un brainstorm de publicitaires cherchant à « revitaliser le format livre et lui rendre son effet waouh».

Héloïse Ouille !, de Jean Teulé (Julliard).

Jean Teulé n’avait toujours pas remporté le prix Trop Virilo. Eh non. Surprenant… Avec Héloïse Ouille ! il est allé au bout de son talent (du moins nous l’espérons) pour remettre au goût du jour l’histoire d’amour borderline entre Abélard et Héloïse… Et relancer ainsi le débat sur le maintien du latin au collège à travers la création d’un nouveau genre littéraire : le « Latin Porn ». Merci et Bravo à lui.

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QUELQUES ACCESSITS 2015 :

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Une rentrée littéraire, c’est aussi beaucoup d’ennui. Pour le tromper, voici quelques-uns de nos accessits. 

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Le Prix Pilon de la Forêt qui pleure (Cuvée COP 21) revient cette année à Christine ANGOT, pour son Amour impossible, dont les qualités littéraires ne parviennent malheureusement pas à justifier le coût carbone de son impression et de sa distribution.  

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– L’accessit « Lou Doillon » de l’auteur dont la famille est formidable (et on est content pour elle) revient à Delphine DE VIGAN, bientôt à court d’anecdotes personnelles ce qui est pour le jury du Virilo une source d’espoir inquiet.

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–  L’accessit « Robert Hossein » de l’adaptation historique qui va mal vieillir est attribué à Nathalie AZOULAI pour Titus n’aimait pas Bérénice.

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– L’accessit « Abattoir d’Alès » de l’ouvrage dans lequel un animal fait clairement l’objet de maltraitance revient à Patrick K. DEWDNEY pour son excellent Crocs. Et ce que nous appelons entre nous « l’affaire du bichon ».

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L’accessit « Merci pour ce Moment » de la dispute adultérine mais publique est décerné à Emilie FRECHE pour Un homme dangereux.

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L’accessit « de l’auteur qui, quand son éditeur demande un roman sur Daech, ou sur le bicentenaire de Waterloo, répond « OK je prends les deux» » revient à Romain PUERTOLAS pour Re-vive l’empereur.

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– L’accessit «  du livre qui donne ses lettres de noblesse à quelque chose qui ne les méritait peut-être pas » revient sans hésitation à Marc GRACIANO (Une forêt profonde et bleue), pour sa précise et précieuse description du smegma d’un violeur.

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C’était une belle année.

A l’année prochaine et ne lisez pas trop…

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Un poil dans la main, un livre dans l’autre.

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Heureux et moins heureux élus de la rentrée 2015

30 Oct
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FINALISTES DU PRIX « VIRILO » 2015 :

Lignes et fils, d’Emmanuelle Pagano (Editions P.O.L)

L’Oragé, de Douna Loup (Mercure de France)

Crocs, de Patrick K. Dewdney (Manufacture de livres)

Une forêt profonde et bleue, de Marc Graciano (José Corti)

Mémoires d’outre-mer, de Michaël Ferrier (Gallimard)

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Eau à moustache

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FINALISTES DU PRIX « TROP VIRILO » 2015 :

Héloïse ouille !, de Jean Teulé (Julliard)

Quand le diable sortit de la salle de bain, de Sophie Divry (Notabilia)

La domination masculine n’existe pas, de Peggy Sastre (Anne Carrière)

Le Double des corps, de Juliette Bouchet (Robert Laffont)

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CEUX QUE NOUS N’AVONS PAS RETENUS – et d’ailleurs on se demande bien pourquoi ils figurent sur d’autres listes :

La septième fonction du langage : « Laurent Binet a écrit un livre de khâgneux, tout de connivences et d’allusions feutrées aux théories qui ont enchanté sa jeunesse. Il atteint son public, et rate probablement le reste du monde. »

– Titus n’aimait pas Bérénice : « Il faut beaucoup de courage pour s’attaquer à l’adaptation d’un monument littéraire, mais aussi beaucoup de talent. L’un des deux manque ici. »

– 2084, la fin du monde : « Une désagréable sensation : si ce roman plaît, c’est parce qu’il dit tout haut ce que certains pensent tout bas. Boualem Sansal, qui est arabe, est totalement Charlie : sa souffrance personnelle devant l’état de son pays peut servir de costume bon teint à un anti-islamisme primaire caractérisé. »

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REMISE des PRIX et d’une farandole d’ACCESSITS le 4 NOVEMBRE 2015, quelques minutes avant le Prix Femina.

Détails de la cérémonie et de la soirée qui s’ensuivra à lire prochainement sur ces augustes pages.

Mémoires d’Outre-mer, de Michaël Ferrier

30 Oct

Lu par Philippe

Moustache nostalgie

Moustache emballée

Le livre de Michaël Ferrier, Mémoires d’outre-mer, n’est pas exempt de défauts :
– Le pitch est trompeur et s’apparente à une trahison de l’éditeur  : l’opération Madagascar, préambule à la solution finale nazie, est totalement survendue sur la 4° de couv’, ce n’est tout simplement pas l’objet du livre, au mieux un détail de l’histoire… (Avec un petit « h ». C’était moins une…) ;
– L’auteur y est plus présent que dans son précédent et excellentissime « Fukushima« , pour peu de choses ;
– Il se la pète grave avec son amoureuse qui est une escrimeuse chinoise que ses potes aimeraient se taper ;
– Les moments de poésie, quand il parle de la nature et ses contemplations, sont moins nombreuses que dans le formidablissime « Fukushima ».
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Le fait qu’il se trouve dans la sélection finale du Prix Virilo malgré ces agaçantes scories témoigne d’autant mieux de sa qualité.
Le fait que je préfère ce livre au Chevillard de l’année est une preuve indubitable de mon affection pour le style de cet auteur singulier, qui -je dois l’avouer par honnêteté intellectuelle- a donc lui aussi un grand-père enterré dans le cimetière de Mahajunga.
Mais partager un peu d’Histoire coloniale et familiale ne fait pas un coup de cœur littéraire. Encore fallait-il être à la hauteur de son récit, mais aussi des rêves et projections fantasmées d’un lecteur bercé par les récits malgaches de sa famille depuis le plus jeune âge.
Michaël Ferrier a réussi ce qui me semblait presque impossible, grâces lui en soient rendues ; il faut bien du talent…
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Egalement lu par Paul
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critique3

Moustache inégale

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PLAIDOYER POUR CLIPPERTON
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Nous avons coutume, au prix Virilo, d’étoffer nos lectures de rentrée d’ouvrages d’auteurs qui ont l’audace un peu folle de vivre en-dehors du Paris intra-muros de la littérature française – c’est-à-dire au nord de la rue Jacob ou au sud de la Closerie des Lilas. Cela nous conduit souvent à de très heureuses découvertes.
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L’audience de notre site internet est d’ailleurs la récompense de cette diversité puisque le Prix Virilo est lu dans l’ensemble du monde francophone – ce dont nous ne sommes pas peu fiers – et plus particulièrement dans les Outre-mer. Salutations moustachues aux 35 lecteurs se connectant régulièrement depuis l’île de la Réunion, aux 18 Polynésiens, aux 11 Guyanais, sans oublier notre infatigable et seul lecteur de Saint-Pierre et Miquelon, qui est un peu notre chouchou.

Comme moi, ces lecteurs auront peut-être trouvé que l’ouvrage de M. Ferrier, en fait d’Outre-mer, était surtout un prétexte pour narrer la vie formidable de son aïeul (et par ricochet la sienne), s’inscrivant ainsi dans une trajectoire plus familiale que géographique. Trajectoire qui par endroits confine à ce mal français que l’on désigne pudiquement sous le terme de delphinedeviganisme.

Bien entendu cela n’enlève rien à la fraîcheur du récit de Ferrier, qui est distrayant et donne véritablement envie d’aller passer du temps Madagascar.

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D’autres Outre-mer que le mien

Seulement voilà, quand on choisit d’intituler son ouvrage « Mémoires d’Outre-mer », peut-être faut-il aussi prendre le temps de quitter le sentier familial. Car les rares excursions de Ferrier hors de Madagascar font plouf. Je copie-colle ici le passage dédié à Clipperton :

« Et l’île Clipperton, à douze mille kilomètres de la France mais qui est la France quand même, depuis le 28 janvier 1931, par l’arbitrage de la Cour internationale et du roi Victor-Emmanuel III d’Italie. Le saviez-vous ? Nous avons des compatriotes en plein coeur de l’océan Pacifique, dans l’atoll le plus isolé du monde (selon les savants calculs de l’Union internationale pour la conservation de la nature), dans cet amas de graviers, de sables coralliens et de guano, peuplé de reptiles, de crustacés et de poissons, tous français comme vous et moi. »

« Le saviez-vous? » On aimerait partager l’extase de l’auteur devant cette découverte… mais quiconque s’intéresse un tantinet à l’histoire des territoires français dans le monde sait que nos compatriotes clippertonais ne sont aujourd’hui pas légion.

Ce qui ne veut pas dire que l’histoire de l’îlot est dénuée d’intérêt, bien au contraire. On en a même fait des romans et des films. Ce paragraphe du récit, aussi court soit-il, aurait sans doute pu s’en faire l’écho, et ainsi illustrer l’intérêt de l’auteur non pas pour « son » outre-mer mais pour tous « les » outre-mer.

Ce détail pourra paraître anecdotique à certains mais s’il est un message que porte l’Outre-mer – que nos lecteurs éloignés me pardonnent de m’exprimer en leur nom – c’est sans doute celui-ci : « nous ne sommes pas des anecdotes ».

Vue septentrionale de Clipperton. Aucune moustache à l’horizon.

Un amour impossible, de Christine Angot

30 Oct

Lu par Charlotte

Moustache flapie

Moustache flapie

 

 

 

 

Recommandé aux personnes qui cumulent les deux invraisemblances suivantes : ne pas (d’ores et déjà) savoir que Christine Angot a eu une enfance atroce et disposer de 18 € totalement superflus.

Même la banque de données ne s'est pas foulée pour l'illustration

Même la banque de données ne s’est pas foulée pour l’illustration

Pour une précédente critique de Christine Angot, c’est ici.

 

Crocs, de Patrick K Dewdney

29 Oct

Lu par François HL

Virilité retrouvée

Virilité retrouvée

Tu en as assez de lire « Roman coup de poing » sur le quatrième de couverture de n’importe quel ouvrage publié par un auteur de ton âge ou à peu près ? Tu redoutes qu’on tente de te convaincre que le bouquin que tu as entre les mains est celui « de toute une génération » ?

Crocs est définitivement pour toi.

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Une oeuvre virilo

Dans ce roman pas de publicité mensongère (du reste l’éditeur, conscient de publier une pépite, n’a pas eu recours aux expressions galvaudées habituellement utilisées pour survendre). Tu vas te prendre une bonne grosse claque. Tu vas gémir, tu vas trembler, tu vas vomir… Tu vas vivre. Et tu en sortiras probablement grandi.

Patrick K. Dewdney nous présente un homme qui tente de se déplacer dans la forêt avec pour unique compagnon un chien, sauvage, farouche, il semble tellement bien connaître les lieux qu’on dirait qu’il y a passé sa vie. En réalité il fuit. Les causes de cette cavale demeurent assez mystérieuses. Un homme, un chien, la nature. On pense à la Route de McCarthy. Au film Into the wild. On pense également à l’affaire Treiber.

Et puis non ce n’est pas une fuite, c’est une quête.

Peu à peu, grâce à des flashbacks habilement menés on comprend ce qui a conduit cet homme dans les bois et surtout ce qu’il recherche.

Au-delà des belles descriptions du refuge sylvestre (et plus particulièrement des sols, support du mouvement et mémoire des temps), une écriture abrupte, parfois violente, toujours marquée par l’urgence et par une certaine fébrilité. Le roman est en outre très finement construit, avec de très beaux effets de surprise et du rythme. Celui de la course, celui de la respiration, celui de la colère. Et ce personnage ! Traqué comme une bête mais tout à fait homme, encore vivant (profondément vivant) mais à moitié mort… C’est intelligent. C’est rude. C’est animal. C’est dégoûtant aussi. C’est tout bonnement fantastique.

Fais-toi les dents ! Vas-y, cours. Dévore-le ce livre.

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Juré mimant à ses camarades la scène du bichon.

Une forêt profonde et bleue, de Marc Graciano

28 Oct

Lu par Bérénice

Moustache conquise

Moustache conquise

Sur le fil du style, Marc Graciano nous offre un magnifique roman, tout de contemplation mais sans négliger le souffle du conte.

Érudit, atypique, il s’agit d’un livre qui propose quelque chose de très réfléchi et en même temps de très puissant. Il s’agit ici d’un objet littéraire neuf.

Lu par Paul

Moustache enthousiaste mais

Moustache enthousiaste mais

Le nouveau roman de Marc Graciano n’a effectivement pas d’équivalent dans cette rentrée littéraire et sans doute au-delà.

Le style dense et érudit invite à s’immerger intégralement dans cette oeuvre. Ou plutôt il l’exige, sous peine de sentir comme l’héroïne rapidement désarçonné.

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Erreur du webmestre

Erreur de visuel. Le webmestre a dû travailler trop vitement.

La nuit de Walenhammes, d’Alexis Jenni

28 Oct

Lu par Bérénice

Docte moustache

Docte moustache

Alexis Jenni livre encore une fois un roman exigeant et travaillé, un héros ballotté à la fois face aux luttes sociales et livré en pâtures aux événements mystérieux qui se déroulent à Walenhammes sous la houlette des mystérieux Brabançons.

C’est pertinent c’est beau mais peut-être un peu trop, justement, trop long, trop écrit pour figurer dans le chapitre sur l’hypotypose des manuels de français.

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Moins efficace que « l’Art français… » comme instrument d’autodéfense dans les transports publics.

D’autres critiques des romans d’Alexis Jenni par ici messieurs dames.

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