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Tangente vers l’Est, de Maylis de Kerangal

23 fév

La fière moustache du cheminot

Editions Verticales

Lu par Claire

« Un corps qui se meut autour d’un centre est toujours prêt à s’échapper par la tangente. » Le mythique transsibérien s’étire au rythme de ses 60km/h, une lenteur placide qui tranche avec le mouvement de fuite frénétique qui a pris deux de ses passagers d’une fièvre soudaine. Hélène est française, et elle fuit sa vie en Sibérie auprès d’un amant russe  par trop amoureux de sa terre. Aliocha, jeune appelé au service militaire, tente d’échapper au destin de froid et de glace qui l’attend.

Le discret camouflage du déserteur

« Un point est toujours représenté par deux lignes qui se croisent. » Le point de rencontre de ces deux fuyards, c’est un compartiment du train, atmosphère lourde de relents de cigarette et de vodka, le paysage qui passe sans jamais s’interrompre, la complicité muette des hôtesses de bord, et une poignante proximité qui s’installe sans mots entre les deux échappés.

La belle écriture de Maylis de Kerangal nous donne, comme à Aliocha, « des cailloux dans le ventre. » Nous voilà entraînés sans retour dans une course-poursuite contre le destin, nous cognant aux portes au gré des secousses du train. Un roman qui aurait pu être remarquable, s’il n’avait été conçu comme une nouvelle.

Naissance d’un pont, de Maylis de Kerangal

13 oct

Verticales

Lu par Marine

Cela devient une habitude. J’ai commencé enthousiaste, j’ai fini en accéléré. Faisons bien, faisons bref.

Pour : atmosphère intéressante (avec une espèce de ruée, non sur l’or, mais sur le chantier d’un pont, située dans un espace-temps indéterminé), personnages travaillés (qui restent à distance du lecteur mais c’est tant mieux), intrigue construite, écriture foisonnante.

Contre : écriture (trop ?) foisonnante, qui par moment sonne faux, une flemme à renouveler l’histoire dans les derniers chapitres. On a l’impression que le concept tourne un peu en rond. Tout de même, c’est d’une autre trempe que la plupart des hits de la rentrée, assez convenus dans leurs genres.

PS féminin : rien des clichés de la littérature féminine et pourtant, la tournure de l’ensemble a une élégance très féminine (bref, si vous cherchez une histoire de chantier bien virile, passez votre chemin).

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