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And the winners are…

5 nov
Pierre Jourde, vainqueur heureux de l’édition 2012 du Prix Virilo

PRIX VIRILO 2012 : PIERRE JOURDE, Le Maréchal Absolu (Gallimard)

Le prix Virilo récompense le meilleur roman francophone publié dans l’année. Il revient cette année au Maréchal absolu, de Pierre Jourde (Gallimard). Il impose son diktat au second tour face aux excellents Fukushima, de Michaël Ferrier (Gallimard), et L’Auteur et Moi, d’Eric Chevillard (Minuit).
Les jurés tiennent à souligner la grande ambition d’un roman polyphonique sur le pouvoir, hénaurme. Mais le ballet vertigineux des récits croisés autour du dictateur ne doit pas vous effrayer, car le non-sens ubuesque change ce cale-porte de 760 pages en une œuvre rare, à la fois légère, profonde et finement écrite. Il ne reste plus qu’à s’interroger : mais comment les autres prix ont-ils pu le rater ?

PRIX TROP VIRILO 2012 : ERIC NEUHOFF, Mufle (Albin Michel)

Le prix Trop Virilo couronne la poussée de testostérone la plus vivace, la giclure littéraire excessive. Peut-on être un héros Trop Virilo et cocu ? Et bien oui, puisque c’est Eric Neuhoff qui impose son Mufle (Albin Michel).

Il n’était pourtant pas aisé de vaincre la Jouissance européenne de Florian Zeller en finale, mais ce livre surpasse nos attentes par ses citations incroyables comme « Les femmes qui vous trompent ne sentent plus pareil. Elles traînent après elles des relents d’arrière-cour », ou encore « A Berlin, il s’ennuya. Il y avait plein d’Allemands et le zoo était en travaux. » Nous remercions Eric Neuhoff de nous offrir cette leçon de vie : un bon critique ne fait pas toujours un bon écrivain.

ACCESSITS

Nous avons lu et chroniqué (et acheté) nombre de livres cette année. Ce ne sera pas pour rien. Voici la liste des accessits pour consoler les écrivains déçus :

Le Prix Pilon de la forêt qui pleure (du livre dont le ratio (Qualité / (Tirage + Couverture Médiatique) est le plus faible) est remis au consternant Les Lisières, d’Olivier Adam.

Accessit Kelly Slater du livre qui surfe sur la vague revient à Fukushima, de Michaël Ferrier

Accessit du style Ségolène Royal revient à La Survivance, de Claudie Hunziger

Accessit Endives au jambon du plat qui ne plaît pas aux enfants et rarement aux parents revient à Christine Angot pour Une semaine de vacances.

Accessit Viri-lol du jeu de mot qui fait un bide sidéral (essayez chez vous) revient à Jean-Michel Olivier pour Après l’orgie et cette blague «  Althusser, à qui sa femme a dit Halte ! Tu serres ! »

L’accessit du livre dont le titre est un peu méchant, mais c’est quand même ce qu’on aimerait dire à Florian Zeller de temps en temps, revient à Tais-toi et meurs d’Alain Mabanckou.

Accessit de l’auteur qui aime les femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes (mais par derrière) revient à Philippe Djian, pour Oh…

Accessit de l’auteur qui n’a pas d’idée de titre pour son livre revient à Régis de Sa Moreira pour La Vie.

Accessit du titre qui devrait en faire réfléchir certains (comme Florian Zeller) revient à Patrick Besson pour Une bonne raison de se tuer.

Accessit Katherine Pancol du titre trop long avec des animaux saugrenus dedans revient à Moi j’attends de voir passer un pingouin, de Geneviève Brisac

L’accessit du livre avec lequel on se fait lourdement accoster dans le métro revient à Dans ma bouche, de François Simon

L’accessit du livre avec lequel, en revanche, on est vraiment tranquille dans le métro revient à Ne me cherchez pas, de Jean-Philippe Kempf

> Liste des finalistes (et leurs critiques)

Un jury à moustaches, composé d’hommes ou de femmes qui votent en hommes. Ce qui ne veut rien dire ? Ce qui ne veut rien dire.
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