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Une Partie de Chasse, d’Agnès Desarthe

3 oct

Pan! le duvet

Editions de l’Olivier

Lu par Anne

Ce matin, un lapin a tué un lecteur…

Pan ! le Panpan

Commençons toutefois par tempérer cette exergue mue davantage par l’amour du LOL que par un ressenti sincère : Une partie de Chasse n’a rien de fatalement ennuyeux, vous échouerez à trucider belle-maman en le lui mettant entre les mains.

Il relate l’histoire du jeune Tristan, dadais empathique, que sa sculpturale épouse a envoyé à la chasse en compagnie des hommes du cru autant pour l’aguerrir que pour l’intégrer à la communauté d’autochtones. Tristan refuse le meurtre et empoche le lapin assommé qu’il ne peut se résigner à tuer. Celui-ci, pas rancunier pour deux sous ou sérieusement pervers, va s’attacher à commenter les actes et les pensées de Tristan. Mais pas comme Léon Zitrone devant Intervilles, ce qui aurait pu être rigolo, plutôt comme une version chamanique et lapinesque de Candide, le Nanabozo de Yakari (on a les références qu’on peut). Le problème, c’est que l’opposition nature-culture trop appliquée évoque davantage un essai de khâgneux (bon niveau, hein, soyons juste) qu’un conte philosophique sous les auspices de Giono.

U r talkin’ to me ?

On aimerait souffrir avec Tristan qui a quand même vu sa mère mourir du SIDA devant ses yeux, le pauvre petit. Mais rien. On aimerait avec lui répugner à quitter les terres de l’enfance, du rêve, de l’empathie, pour celles, cruelles, de la virilité martiale. Sauf que pas. Peut-être cela tient-il à l’écriture d’Agnès Desarthes, sèche comme un coup de trique sur le postérieur desséché d’une rombière en mal d’amour.  Peut-être est-ce aussi dû au fait que l’auteur ne semble pas parvenir à choisir une voie, quelque part entre le drame social, la fable et le roman d’initiation. Peut-être enfin parce que dépeindre la façon dont les hommes naissent à la virilité aurait demandé plus que 150 pages ?

Dans la nuit brune, d’Agnès Desarthe

14 oct

L’Olivier

Lu par Marine

J’ai été un poil (de moustache) de lisser avec amour les pages de ce roman. Et il y eut le poil de trop, celui qui rompt le charme du favori installé si bien dans un visage qu’il semblerait qu’il y ait toujours officié. En l’occurrence, il y eut les vingt dernières pages (approximativement), qui, je trouve, sont une offense au lecteur, tellement toutes les autres étaient bonnes. Alors quoi ? On ralenti la course avant la ligne d’arrivée, si sûre de soi ? Je ne suis pas dupe, ce n’est pas qu’Agnès Desarthe ait tout à coup ressenti un poil lui pousser dans sa paume. Non, il est au contraire clair que cette fin calamiteuse (de mon point de vue) était voulue. Car à la fin (désolée pour le suspens), comme dans plein de livres actuellement, on découvre avec stupeur que les nazis ont assassiné des juifs (pourtant nous disposons d’un indice formidable dans le titre). Incroyable. Surtout que, franchement, cela ne résout absolument pas l’énigme du roman, qui, elle, passe à la trappe par un tour de passe-passe mesquin. D’ailleurs, qu’est-ce que ce fatras vient foutre là, nom d’un pelage hirsute ? Tout était parfait dans cette histoire, l’ambiance mystérieuse (voire surnaturelle), l’émotion si bien distillée, les rapports entre humains excellemment décrits, l’écriture limpide et en fusion totale avec le propos qu’elle soutient et l’humour (oui, j’ai ri aussi)… Snif. Pourquoi ? Hein, pourquoi ??

Le remplaçant, d’Agnès Desarthe

13 oct

L’Olivier

Lu par Sophie

Avec Le remplaçant, Agnès Desarthe livre un roman léger et drôle sur son grand-père de substitution, Boris, être singulier, modeste héros, personnage commun et fantasque à la fois.

Bien des qualités structurent ce récit libre qui fait partager l’émerveillement de la petite-fille et l’attendrissement de l’adulte grâce au merveilleux talent de conteur d’Agnès Desarthe, héritage familial vraisemblablement. Appel à la rêverie, l’histoire de "Triple B" est composée d’une mosaïque de digressions savoureuses car drôles, poétiques et touchantes. On regrette simplement l’histoire – rompant avec l’esprit du roman – de la genèse de ce livre qui devait à l’origine porter sur le pédagogue Janusz Korzack, directeur d’un orphelinat du ghetto de Varsovie.

Lu par Marine

Ceci est une critique énervée, comme celle que l’on réserve à ce bon élève qui se sabote tout seul pour une obscure raison, ce qui laisse généralement son entourage pantois et interrogatif.  Voyez plutôt. Le sujet du livre est plaisant (une femme cherche à comprendre un homme qui n’est pas son grand-père biologique mais son grand-père quand même, s’étant remarié avec sa grand-mère en remplacement, donc, du « vrai ») et la langue est drôle, piquante, vive. Mais, patatras, la structure doit être soit inexistante, soit très maladroite (ou alors tellement subtile qu’elle en est devenue incompréhensible) parce que malgré seulement 87 petites pages le livre m’a paru très très long. Il n’est pas aisé de bien comprendre où elle veut en venir et tout cela traîne, donc.

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