Le bonheur conjugal, de Tahar Ben Jelloun

29 oct

Moustaches conjugales

Gallimard

Lu par Alys

Beau comme un peintre qui bave

A lire en préparation de mariage

Le roman s’ouvre sur le témoignage d’un artiste célèbre, immobilisé suite à une attaque dans sa grande maison de Casablanca. Il déplore sa paralysie subite, déclenchée par un AVC qui a failli le laisser sur le carreau. Il fait chaud, il bave, les mouches lui tournent autour et il attend, immobile, que les journées passent. Et puis il nous raconte sa vie.

Le style est d’une beauté classique, le personnage a la trempe de ces hommes qui ont eu une vie splendide et qui, au moment de mourir, l’observent avec bienveillance à l’ombre d’un arbre. On pense tout de suite à Gabriel Garcia Marquez dans "Mémoire de mes putains tristes" : pour la chaleur écrasante du dehors, l’ombre d’une grande maison silencieuse, pour le corps qui dépérit et les (très) jeunes femmes guérisseuses.
Parole à la défense
Le grand peintre raconte sa relation avec sa femme, qui s’est détériorée avec le temps. On la comprend folle, hystérique en tous cas, on plaint le pauvre homme coincé dans sa chaise.
Et puis la deuxième partie du roman donne la réponse de sa femme. Elle donne sa version des évènements et décrit la vie aux côtés de ce peintre qui nous apparaît comme un monstre d’égoïsme, imbu de sa personne, infidèle maladif et manipulateur. Le ton et le style changent, et on passe de Garcia Marquez à "La mégère apprivoisée" en quelques pages. On regrette que la partie féminine n’ait pas la beauté et le sublime de celle de son mari, mais c’est bien là le problème du couple, n’est-ce pas ?
Un très beau roman, une écriture magnifique, un cinq moustaches

La Jouissance, de Florian Zeller

27 oct
Moustaches (France)

Editions Gallimard

Lu par Anne

Moustaches d’Europe : ode à la diversité
Moustaches of Europe : an anthem for diversity
Whiskers von Europa: Ode an die Vielfalt
Bigotes de Europa: oda a la diversidad

En décidant de lire et critiquer La Jouissance, je dois confesser avoir éprouvé un plaisir coupable teinté de perversité : oui, j’allais pouvoir libérer mes pulsions sadiques en la personne de Florian Zeller et procéder à un Zeller-bashing dans les règles de l’art. Mais l’animal réservait des surprises… En effet, le début du roman n’est pas déplaisant, par l’emploi d’une ironie douce-amère et à l’originalité du propos : comparer l’intrusion d’une polonaise dans les fantasmes d’un trentenaire et l’élargissement de l’union européenne, voilà qui ne manquait pas d’audace. Et l’audace, au Virilo, on aime ça.

Malheureusement, passée la première scène, l’effet retombe comme un vieux soufflé au fromage allégé. La relation entre Pauline et Nicolas est ennuyeuse comme Vladivostok (Russie) un jour de grève ferroviaire,  la comparaison entre leur médiocre histoire et l’unification d’un continent se révèle aussi improbable qu’un porcelet courant en liberté sur l’Esplanade des Mosquées (Israël), et l’auteur s’avère finalement aussi cuistre (France) qu’on le redoutait.  Pour une raison qui échappe, il a choisi d’accompagner entre parenthèses le pays du lieu dont il parle, comme ci-dessus. Voyez plutôt, au mieux on n’en comprend pas l’intérêt, au pire ça agace.

Finalement, on a surtout l’impression que Zeller, adulé pour ses premiers romans, belle gueule de l’édition, s’est retrouvé prisonnier de la brillance qu’on lui a proclamée. Avec ses ambitions de grandeurs et sa volonté affichée de faire de l’esprit,  c’est un jeune présomptueux, frère en arrogance des jurés du Virilo. Grand prince, je lui accorde donc trois étoiles, car Dieu reconnaîtra les siens, et propose qu’on le coopte pour l’année prochaine. Lui comme nous devrions en être flattés et notre carnet d’adresses s’en trouverait fortement étoffé…

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Impuissance glabre

Lu par Stéphane

A défaut de temps, pas de critique. De simples citations. Chacun jugera sur pièce de la valeur de la prose.

Dans la catégorie "Ah bon ?" :

"Ici, un parallèle avec le plombier polonais s’impose."
(fallait-il le préciser tant cela semble en effet évident !)

Dans la catégorie "Vérités éternelles" :

"Les hommes sont, du moins la plupart du temps, de grands enfants."
(noter la prudence de l’auteur, qui nuance son propos)

Dans la catégorie punchline façon Rap Contenders :

"C’est la loterie de l’histoire. Mais contrairement à l’Euromillions, le ticket est gratuit."
(toi même tu sais, gros)

Dans la catégorie "l’art du suspense" :

"Puis il s’était produit un événement déterminant : le chat de Pauline s’était blotti contre Nicolas."

Dans la catégorie "métaphore acidulée" :

"Quand elle avait 20 ans, elle ne parvenait pas à guérir de cette étrange maladie qu’on appelle l’enfance."

Dans la catégorie "un nouveau regard sur l’Histoire" :

"« Verdun », ce seul mot fait frémir d’horreur. C’est une des batailles les plus inhumaines auxquelles on se soit livré. Sous un déluge d’obus, les hommes, dont le but principal consistait à tenter de survivre, ont vraiment connu l’enfer."
(on apprendra également plus tard dans le roman que si Hitler était mort enfant, le destin de l’Europe aurait "probablement" été différent, est-on jamais assez prudent avec l’Histoire ?)

Dans la catégorie "prenons le lecteur par la main, il serait tenté de s’enfuir" :

"En ce qui le concerne, Nicolas a toujours pensé que, s’ils étaient complémentaires, c’est avant tout parce qu’ils n’avaient pas le même rapport au temps. Mais comment définir ce rapport ? Dans l’immortalité, Kundera…"

Dans la catégorie GPS stylistique :

"Ce jour-là, après son travail, elle a rendez-vous avec Nicolas devant la cinémathèque qui a programmé une rétrospective sur Bergman (Suède)"

Hors catégorie

Terminons enfin par cette phrase, qui illustre bien et en peu de mots l’audace du projet littéraire (rapprocher un cours de terminale sur l’histoire de la CEE et la déroute d’un couple) et son échec inévitable (a-t-on jamais vu rapprochement aussi artificiel et dénué de poésie ?) :

"Dérouté par ce rêve européen, il essaie de se souvenir de la première fois qu’ils ont couché ensemble."

Exercice à faire à la maison

Comme Florian Zeller (Paris), vous juxtaposerez deux faits sans rapport et en tirerez un roman.
Suggestions :
Consterné par la situation géopolitique au Moyen-Orient, il se fit des pâtes au beurre.
Préoccupé par la propagation de l’arme nucléaire, il noua ses lacets.
Amoureux de la littérature, il dévora le dernier roman de Florian Zeller.

L’atelier de la chair, d’Emmanuelle Pol

27 oct

Rasoir pour vieille peau

Editions Finitude

Lu par Philippe

Dernière partie de soirée sur RTL9…

Avec un titre de mauvais film du samedi soir sur RTL9 et un propos pas franchement différent d’ailleurs, l’Atelier de la Chair mérite sa position dans la liste des finalistes du Trop Virilo…

Emmanuelle POL, aucun lien.

Soit une femme, pas vieille, pas trop jeune non plus. Elle étudie dans un atelier des Beaux-Arts. Elle se passionne pour les corps marqués, les acteurs burinés (pour ne pas en enlever le "i"), les mains calleuses qui en ont touché d’autres, bref, les vieux. Elle aime de plus en plus les vieux, voilà, c’est dit. Après une courte recherche esthétique, elle sort avec son prof bien plus âgé et apprécie le taulier : Enfin un-homme-un-vrai, sans préliminaire ni regard apeuré bredouillant "je te fais pas trop mal ?". Enfin un bourrin qui garde son rythme et ne cherche pas à la faire jouir, qui prend ce qui est à lui, à la hussarde, à l’ancienne mode. Et puis face au regard des autres, la passion se délite… Dans des dernières pages assez ennuyeuses, ils rompent et elle fait le point là-dessus en ce disant que toute cette histoire, et ben ça l’a fait vachement grandir, tu vois.

Voilà le propos de ce livre définitivement Trop Virilo, qui aura le mérite de rassurer les moins subtils d’entre nous.

Je fais de l’art, moi, môsieur

Le coeur du roman c’est cette chair et cette passion et comment elle peut se retourner (la passion, pas la chair) pour disparaître complètement. Un thème très peu traité en littérature donc et plutôt raté ici. Le discours sur le plaisir sent un peu la quarantenaire en manque, et n’agacerait pas tant s’il n’était mâtiné de prétentions psycho-artistiques. Le propos esthétique aurait pu être intéressant, avec quelques passages entre Lucian Freud et la Vénus anadyomène pas mal foutus… Mais par manque de moyens, il ne fait qu’enorgueillir inutilement un texte érotique tendance prise de tête, plus bas du front et moins original qu’il n’y paraît malgré toute la bonne volonté de l’auteur.

Le Train 8427 en provenance de Genève, de Jeanne Sialelli

26 oct

Rasoir smiles

Editions Blanche

Lu par Philippe

La SNCF vous remercie

Tendance lourde de cette rentrée littéraire (cf. Oh… de Djian, L’atelier de chair, Angot, 50 shades…) l’héroïne amoureuse d’un homme violent, et si possible violeur. On pourrait analyser cette tendance sado-maso chez les écrivaines, qui aiment à maltraiter leur narratrice par des brutes à l’haleine chargée. Nous ne nous y commettrons pas de peur de sombrer dans des considérations vraiment Trop Virilo…

Un livre 50% moins cher avec la carte 12-25 ans

Nous nous contenterons de ce pitch : Une femme mariée, poissons rouges, vie calme, rentre en train de Genève. Elle se fait violer par un trio dans un compartiment, mais jouit comme jamais avec l’un d’entre eux, plus tendre, plus dominateur et plus chef. Le deux comparses vont alors chercher des clients dans le reste du train et le second round du bouquin est une sorte de tournante continue par des hommes la pensant "prostituée consentante". Défilent alors, à la Perret, le grand joufflu le p’tit bossu… sauf qu’on rit moins. De retour chez elle, l’héroïne comprend s’être entichée du violeur aux yeux d’or et à la voix profonde et le cherche comme on perd la raison.

Ce qui m’aiment (mal) prendront le train

Hormis la honte qui vous brunit dès qu’une personne passe à côté de vous dans la librairie, l’expérience de lecture n’est pas mauvaise, juste malaisée car agréable comme une scène du film Irréversible. On n’est pas ravi-ravi mais enfin, c’est le jeu. On s’interroge un peu sur le choix de l’auteur : pourquoi pas un, pas deux, mais une trentaine de viols ? Cette débauche crade renforce-t-elle le propos ? Pour le reste, le livre entend pénétrer la délicate question du viol et de son fantasme chez les femmes. Et selon l’éditeur : Ce roman est destiné à entrer dans la bibliothèque des grands textes du genre. Ces deux promesses sont bien trop ambitieuses malgré la sincérité du projet et son originalité too much. Il aurait pu être finaliste du Trop Virilo, mais il semblait tant le vouloir, qu’on s’est dit non. Trop facile ça.

Une question cependant, le procès d’intention qui aurait été intenté à un homme s’il avait écrit ce texte peut-il être retourné ici ?

Sarajevo Omnibus, de Velibor Čolić

25 oct
Moustaches des Balkans

Editions Gallimard

Lu par Paul

Colic, c’est pas d’la…

Il est difficile de ne pas entrer du bon pied dans cet ouvrage dont l’auteur assume dès l’avant-propos le caractère foutraque de "roman omnibus", entre le récit historique, le conte slave et la biographie imaginaire. "Le romancier n’a de comptes à rendre à personne, sauf à Cervantès", un mot de Kundera qu’il met en exergue et que nous devrions plus souvent rappeler aux apôtres de l’autofiction et des récits visant à l’édification du lecteur. Ici nulle prétention de ce genre et il faut reconnaître que ça soulage.

Paysan équipé du rasoir traditionnel d’Europe centrale et orientale

Ce que Vélibor Čolić met en scène au travers de l’épisode de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, c’est l’Orient compliqué,  l’Europe difficile, et les Balkans coincés entre les deux. Les personnages s’insultent en turc ou en bosniaque, prient en slovène, complotent en hongrois, obéissent en allemand…  Le lecteur s’égare rapidement – mais avec un certain plaisir – dans cette cacophonie poétique, sans chronologie (ni même d’ailleurs sans logique tout court).

Et au fil des pages, le juré du Virilo se découvre une âme de Slave du Sud, les superstitions des Balkans ayant souvent à voir avec le poil :
- "L’homme savait que les seins de la serveuse avaient des moustaches, et que c’était très mauvais signe" (p. 144)
- "Il se rasa la moustache – un geste anodin qui allait rapidement s’avérer fatal" (p. 169)

Nous retiendrons donc cette dernière mise en garde en attendant que Velibor Čolić revisite les contes et légendes de sa nouvelle terre d’adoption, la Bretagne du Sud.

L’auteur et moi, d’Eric Chevillard

24 oct

Moustache de génie

Editions de minuit

Lu par Philippe

Vaincu par le talent, noyé dans la béchamel

Chevillard et nous

Chaque année, c’est le même petit pantomime.  Je vais en librairie. Le libraire me dit Ah vous aimez Chevillard ? Moi j’accroche pas du tout… Vous verrez, cette année c’est encore pire, il parle de (Nisard/mec inconnu/grands singes/gratin de chou) pendant deux cents pages, moi je peux pas. Alors me vient le secret espoir que je pourrai vraiment critiquer un livre de ce mec. Oui, cette fois être sans pitié. Ni Dieu, ni maître, ni Chevillard.

Et puis voilà. Encore cinq moustaches, encore finaliste. Et comment ! Il y a une faillite de la critique face au génie d’un projet fou à l’écriture magistrale.

4 Chevillard pour le prix d’un, on s’dépêche ma bonne dame

Ce roman commence par un avant-propos. Chevillard livre une réflexion sur la relation auteur-héros, et a le bon goût de nous donner quelques clefs de lecture : le héros-narrateur va soliloquer… Mais cette fois-ci, Chevillard, l’auteur derrière la plume, ne le laissera pas faire et le corrigera sans vergogne pour rétablir SA vérité au prix de notes de bas de pages immenses. Ceci étant dit, nous n’avons pas là un seul mais presque quatre livres qui se superposent, s’entrecroisent et se nourrissent en un projet passionnant et hilarant.

Un repas cinq moustaches

Même la truite est à moustache

Pièce maîtresse, l’histoire principale. Est un homme à qui on a promis son plat préféré. Arrive la matrone, qui lui sert – foutredieu ! – le remugle blanchâtre d’un gratin de choux-fleur, bien loin de la truite aux amandes espérée. Il raconte par le menu (lol) à une femme assise à une terrasse de café sa mésaventure et sa colère. Comme d’habitude c’est parfait. Un déluge de mot, de tournures, de formules neuves… J’ai passé mon temps à corner les pages.

Entre-mets. La narration est coupée par des apartés en italique qui décrivent ce que voit le narrateur attablé de sa terrasse. Ça ressemble plus aux considérations sur les manies contemporaines, dans le mode de l’excellent blog l’autofictif.

Xzibit de pimp my ride troll Chevillard (cf. Knowyourmeme.org)

Tiers livre, les notes de bas-de-page d’Eric Chevillard, qui se moque de son narrateur, de ses postures, de ses prétentions. Il y compare sa vie avec celle du héros-narrateur, pense littérature… Je l’ai lu comme une sorte de retournement de l’autofiction, bien visible dans le titre d’ailleurs, un pastiche-dépassement énorme et formidable que n’importe quel lecteur d’Angot devrait être obligé de lire. C’est absolument passionnant et remarquable, servi par le style toujours époustouflant de l’auteur, jusqu’à une certaine note de bas-de-page :

Dessert donc, cette (vingt-sixième je crois) note est un roman d’une centaine de pages. Inception, roman dans le roman, il raconte un homme en fuite d’une scène de crime. Il ne sait où aller et décide de suivre une fourmi providentielle. Le dos courbé, le voilà traçant sa route et bientôt rejoint par une femme, un tamanoir, un enfant… Ce roman-gigogne est une fable pliante, qui nourrit et concurrence le roman principal.

Big Bang Theory

Le chou vous emmènera loin

Il faudrait encore souligner comme c’est raconté, comme la moindre scène est décrite parfaitement, et plus drôlement encore. J’ai relu des paragraphes en boucle pour en percer le génie musical ou la finesse d’un rythme de monologue (la rencontre du suiveur de fourmi avec la femme, l’arrivée du tamanoir, l’incorporation de Chevillard dans l’armée…). Il faudrait comprendre comment cet auteur réussit le prodige du nonsense et de l’exercice de style sans sombrer dans l’Oulipo vain, comment il effleure sans cesse les questions les plus philosophiques sans les poser, par simple intelligence de l’écriture. On parle de chou-fleur, on s’emporte, en fait on a interrogé la création et l’existence…

Ce livre, réflexif comme le chou-fleur – objet fractal dont le tout n’est que la répétition lancinante de sa partie - est d’une élégance rare, dont la cohérence foisonnante n’est jamais brutale mais s’apprécie comme un cadeau, un de ces chefs-d’œuvre qui console des douleurs de la vie.

FINALISTES 2012

23 oct

Ça y est ! Les autres jurys se sont mis au diapason, ils ont tous donné leur petite liste (notamment le Renaudot, hilarant comme d’habitude, avec trois livres que nous avions noté comme bien bien nuls)… Bref, ça sent la fin de la rentrée !

Dévorant des bouquins jusqu’à la dernière minute, le jury s’est retrouvé lundi 22 octobre pour passer aux choses sérieuses. Ce fut long, parce qu’il y avait une raclette et manger une raclette avec une moustache tombante, c’est long.

FINALISTES PRIX VIRILO 2012 : 

- Tous les diamants du ciel, de Claro (Actes Sud)

- Sermon sur la chute de Rome, de Jérôme Ferrari (Actes Sud)

- Le Maréchal absolu, de Pierre Jourde (Gallimard)

- Fukushima, récit d’un désastre, de Michaël Ferrier (Gallimard)

- Le Bonheur conjugal, de Tahar Ben Jelloun (Gallimard)

- L’Auteur et moi, d’Eric Chevillard (Editions de minuit)

- Les Sauvages, de Sabri Louatah (Flammarion)

Trois constats s’imposent. Le premier, Gallimard a vraiment posé un gros chèque cette année. Deux, c’est une bonne année. Trois, Il y a sept finalistes, comme les sept nains. Si Sermon sur la chute… est évidemment prof, grincheux devrait être Claro… On vous laisse décider de simplet.

FINALISTES TROP VIRILO 2012 : 

- La Jouissance, de Florian Zeller (Gallimard)  Le sous-titre, Un roman européen, est déjà assez "ballsy", assez présomptueux… De plus, l’auteur n’arrête pas de faire son malin alors qu’il se plante magistralement. Il mérite.

- Une vieille histoire, de Jonathan Littell, (Fata Morgana) car c’est un bon livre bien barré, qui sent littéralement l’aigre vestiaire d’après-match (surtout au moment du jeu de la biscotte)

- Chaos Brûlant, de Stéphane Zagdanski, (Seuil) parce qu’on s’est dit "qui va oser choisir un sujet aussi bassement actu et racoleur ?" , et Zagdanski aura beau se cacher derrière des prétentions d’écrivain, c’est lui qui a osé. Bravo !

- L’Atelier de la chair, d’Emmanuelle Pol, (Finitude) parce que le propos du livre consiste globalement à préférer les vieux qui font l’amour à la hussarde, sans fioriture ni préliminaire.

- Oh…, de Philippe Djian, (Gallimard) cette année, nous notions une tendance lourde d’inceste, de viol, et plus original, de "Oh là là j’aime mon violeur". Nous avons choisi le moins mauvais d’entre eux.

- Mufle, d’Eric Neuhoff, (Albin Michel) parce que la femme adultère n’a pas la même odeur… Et pour toutes les nombreuses perles qui parsèment ce livre hilarant à son insu.

A bientôt pour la remise…

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