Tangente vers l’Est, de Maylis de Kerangal

23 fév

La fière moustache du cheminot

Editions Verticales

Lu par Claire

« Un corps qui se meut autour d’un centre est toujours prêt à s’échapper par la tangente. » Le mythique transsibérien s’étire au rythme de ses 60km/h, une lenteur placide qui tranche avec le mouvement de fuite frénétique qui a pris deux de ses passagers d’une fièvre soudaine. Hélène est française, et elle fuit sa vie en Sibérie auprès d’un amant russe  par trop amoureux de sa terre. Aliocha, jeune appelé au service militaire, tente d’échapper au destin de froid et de glace qui l’attend.

« Un point est toujours représenté par deux lignes qui se croisent. » Le point de rencontre de ces deux fuyards, c’est un compartiment du train, atmosphère lourde de relents de cigarette et de vodka, le paysage qui passe sans jamais s’interrompre, la complicité muette des hôtesses de bord, et une poignante proximité qui s’installe sans mots entre les deux échappés.

La belle écriture de Maylis de Kerangal nous donne, comme à Aliocha, « des cailloux dans le ventre. » Nous voilà entraînés sans retour dans une course-poursuite contre le destin, nous cognant aux portes au gré des secousses du train. Un roman qui aurait pu être remarquable, s’il n’avait été conçu comme une nouvelle.

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Ce qu’il advint du sauvage blanc, de François Garde

16 fév
Moustache fournie

Première moustache

Lu par Claire

Enfin, mais qu’est-ce que c’est que tous ces premiers romans qui valent bien ceux d’auteurs confirmés ?? Où donc est passé le rassurant cliché du débutant maladroit ? Si Alexis Jenni nous avait déjà bien tiré la langue à tous l’année dernière, François Garde nous envoie à son tour un « na ! » bien appuyé.

C'est l'enfer de la mode, c'est vraiment super sympa

Le sauvage blanc, c’est Narcisse Pelletier, matelot au long cours, abandonné à dix-huit ans par son navire sur une côte déserte du continent australien. Nous sommes au XIXème siècle, et malheureusement pour lui, point de téléphone portable ou autre GPS dans sa vareuse. Dix-huit ans plus tard, un équipage en mouillage dans le coin découvre avec stupéfaction un « sauvage blanc » parmi les indigènes locaux. Ils embarquent le malheureux de force, vêtu de ses seuls tatouages tribaux, et ne sachant qu’en faire, le jettent dans la prison de Sidney. C’est sans compter un gentilhomme français passionné de découvertes et d’ethnologie qui, ayant découvert que le sauvage blanc devait être un compatriote, passera le restant de ses jours à tenter de lui faire recouvrer la mémoire, et comprendre ainsi le processus qui l’a amené à oublier toute sa vie passée pour se mettre complètement dans la peau d’un « sauvage ». Formidablement construit, d’une finesse et d’une force de description indéniables, ce premier roman se lit comme un roman d’aventures, reléguant presque notre pauvre Robinson Crusoé à un simple barbu ringard.

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Reprendre le chemin de la critique

27 jan

par Paul

L’écrivaine Andrea Novick nous a contactés dans les jours qui ont suivi la remise du prix 2011. Autant vous dire que les membres du jury du Virilo étaient ailleurs.

Certains se remettaient à peine de leur nuit de binge drinking avec Mona Ozouf et ses consoeurs du Femina. D’autres – et notamment ceux qui n’avaient pas eu la main heureuse quand il a fallu défricher la rentrée littéraire- étaient partis sans laisser d’adresse.

Notre auguste Président, pour sa part, liquidait les derniers dessous-de-table des Editions de Minuit en République dominicaine, en compagnie d’Elisabeth Quin et d’Eric Chevillard.

De gauche à droite : Elisabeth Quin, Eric Chevillard en combinaison, notre Président.

Je fus donc seul à accepter l’aimable suggestion d’Andrea Novick de lire son dernier roman, Le secret de l’Albinos.

Mais un appel de Saint-Domingue (en PCV) me ramena aussitôt dans le droit chemin : c’était mon Président qui me rappelait qu’au Virilo, on a une éthique, on ne critique pas sur commande.

Au terme de plusieurs semaines de tractations, j’ai finalement été autorisé à lire l’avant-dernier roman d’Andrea Novick : Titus et Bouboule à Juan-les-Pins. J’ai donc la joie d’inaugurer la session 2012.

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Titus et Bouboule à Juan-les-Pins, d’Andrea Novick

Lu par Paul

Un roman à poils et à plumes

Dans son nouvel ouvrage, Andrea Novick met en scène l’extrême dureté des relations humaines lorsque celles-ci sont corrompues par le luxe et les apparences.

Titus, le fidèle chien de la famille Toc, voit sa paisible existence basculer à l’issue d’un concours de beauté. Il y remporte le premier prix : un week-end au Grand Hôtel de Juan-les-Pins.

L’annonce bouleverse son rapport à l’autre et ce séjour balnéaire prend rapidement l’aspect d’un voyage intérieur. Le héros interroge sans cesse la solidité des liens familiaux et de l’amitié qui l’unit à son camarade Bouboule.

Dans les tréfonds d’une solitude faite de luxe et de filles faciles (on pense aux danseuses de la couverture), il fait la rencontre de Youyou, « le perroquet belliqueux ». Ce dernier, sous des dehors revêches, lui montrera comment apprivoiser sa part d’ombre et continuer à avoir foi en l’Homme, malgré tout.

Andrea Novick dresse ici un portrait sans concession de la nature humaine. La dénonciation de la société du spectacle, déjà présente dans Titus et Bouboule au festival de Cannes, est ici portée à son paroxysme. On se surprend à imaginer la suite de la saga.

Un ouvrage marquant, à lire d’une traite.

Il n'y a pas d'âge pour lire un roman Virilo

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Eric Chevillard : La rencontre

22 nov

Rencontre # 3 – ERIC CHEVILLARD

Selon Frédéric Lefebvre, penseur de la modernité, Internet est aujourd’hui “le repaire des violeurs, psychopathes, voleurs et proxénètes”.

Rajoutons à cette liste le pire de tous, Eric Chevillard, et son blog où se commet l’infâme, l’Autofictif. Ce blog, c’est trois pensées par jour, aphorismes qui auraient pu être écrits par un Beckett tout gaga de ses enfants, et par Cioran si ce dernier buvait du Banyuls (avec l’alcool gai). ça fait beaucoup de si. Et pourtant cela existe avec une constance dans l’excellence tout à fait remarquable. Mais aller faire parler Eric Chevillard de lui-même…

Eric Chevillard n’aime pas trop se la raconter.

Eric C., Écrivain virilo

On comprend sa démarche : Papoter de son œuvre, c’est soit du marketing littéraire (un oxymoron), soit un commentaire de texte qui s’adresse à ceux qui ne savent pas vous lire… Dès lors, l’éventualité d’un bon gros ramdam s’éloigne cruellement.

Ces considérations font d’Eric Chevillard un médiatique taiseux et bourru, genre Paparemborde mais moustache rasée. Impression renforcée par le fait qu’il vive à Dijon, ce qui est so terroir.

Le Prix Virilo n’est pas comme ça, lui. Il assume le regard. Il est une verticalité qui se montre au monde, dru, véritable bifle créant un désir parfois teinté de crainte. Cette année, le meilleur livre de la rentrée, c’est celui d’Eric Chevillard. Il va donc bien devoir sortir de sa réserve…

Détruisant consciencieusement son silence de stylite, nous lui avons posé dix questions engagées pour changer à jamais la face (biflée donc) de la littérature française.  

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10 QUESTIONS ENGAGEES A ERIC CHEVILLARD

· Sur votre blog, « l’Autofictif », vous vous plaignez occasionnellement des ventes pas franchement colossales de vos romans. Maintenant que vous avez remporté le Prix Virilo, impossible de trouver un Dino Egger en librairie ! Comment assumez-vous ce tout nouveau statut d’écrivain populaire ?

Je crains que ce prix ne me soit retiré avec des cris indignés lorsque je vous aurai fait cet aveu (qui me coûte) : je prends du Viagra pour écrire. Voilà, c’est dit, faites maintenant ce que bon vous semble… Mais si vous jugez du coup que je n’en suis plus digne, que j’ai triché, laissez-moi vous répondre que je ne suis pas le premier à user d’un peu de stratégie afin d’obtenir un prix prestigieux. Comme je tiens toutes ces distinctions pour des mascarades, je ne suis pas fâché de participer cette année à la vôtre qui a le mérite de se revendiquer comme telle. Vos visages porteurs de postiches sont les plus francs et les plus candides du système.

· Pensons marketing. Lors de la parution d’Atala, les groupies de Chateaubriand s’arrachaient de petites poupées à l’effigie de leur héroïne. Selon vous, quels « goodies » correspondraient le mieux à Dino Egger ?

Les poupées de Dino Egger sont "made in India"

Mais l’écart entre vos deux mains fébriles et impuissantes qui aspirent à combler ce vide avec l’objet de leur désir, voilà Dino Egger. Tout homme du matin au soir contemple désespérément cette poupée évanescente ; je suis bien d’accord avec vous, je devrais toucher des royalties sur chacune ; hélas, le marketing n’est pas mon fort et je n’y gagne rien.

· Dino Egger a-t-il inventé la moustache ?

D’une certaine façon, puisqu’il est l’inventeur de la moutarde qui monte au nez (en quoi faisant cette mousse tache).

· En quels termes êtes-vous avec les narrateurs de vos romans ? On a parfois le sentiment que vous prenez plaisir à leur faire du mal, à les empêcher de narrer en rond.

Ils sont en effet très exactement des souffre-douleur. Et mes lecteurs n’ont pas trop intérêt à s’en plaindre, car je pourrais aussi bien me retourner contre eux. À bon entendeur…

· Quelle est la relation de votre écriture aux poils, crins et pinceaux ?

Je coupe peu. J’aime quand ça prolifère, quand ça frise.

· Vous semblez avoir un rapport ambigu à la reconnaissance, à la célébrité, voire à la gloire : vous paraissez à la fois y aspirer et tourner cette aspiration en dérision (sur votre blog, ou encore en écrivant sur des génies… qui n’existent pas). Comment répondriez-vous à cette question qui n’en est pas une ? Un écrivain doit-il assumer sa prétention ?

Vous rendez-vous compte qu’en me décernant le prix Virilo, vous réduisez à néant mes chances d’obtenir un jour le Femina, ce qui a aussitôt constitué mon objectif premier lorsque je me suis lancé dans la carrière des Lettres, dès l’âge de 8 ans, en somme, je n’ai pensé qu’à cela. Vous ruinez toutes mes espérances ! Il est plus probable à présent que je sois un jour élu Miss France que lauréat du Femina. Alors, la gloire, dès lors, quelle gloire ? Vous pensez si je m’en fous !

· Dans une interview accordée à Libération, vous avez cette formule audacieuse : “et pourquoi pas un poster de Mats Wilander ?” Et pourquoi pas plutôt un poster de Roger Federer ? Mieux que Wilander, Federer n’incarne-t-il pas la victoire de la beauté ?

J’évoquais, je crois, mon adolescence. Quand Mats Wilander (qui doit avoir mon âge) triomphait, Federer était à peine né. Or voyez ce qu’il en est aujourd’hui : Federer est vieux, à deux doigts de la retraite, une sorte de has been déjà, il arrive même que certains joueurs français le battent, tandis que je suis encore un jeune écrivain plein d’allant. Il décline, je m’envole. À ce train-là, dans deux ans, je mets 6-0 6-0 à ce cacochyme.

· Pierre Jourde se flattait sur notre blog d’être un amateur d’un des plats les plus virils qui soient : les testicules de sanglier. Qu’en dites-vous ?

Pierre Jourde est la délicatesse même, il se donne des airs de brute mais c’est un raffiné. Et je suis certain que les testicules de sanglier accommodés par ses soins ont la saveur exquise des œufs de fée.

· Vous ne portez pas la moustache. C’est pourtant le cas de la plupart des grands écrivains (y compris Marguerite Yourcenar). Est-ce une forme discrète de protestation contre cet implacable lien de cause à effet ?

Nietzsche en fait, c'était la moustache

Je ne veux pas perdre ma sève dans ces vaines cultures. Flaubert aurait certainement pu achever Bouvard et Pécuchet s’il n’avait usé les deux tiers de son fluide vital à développer ces moustaches délirantes. Balzac ou Proust sont morts épuisés à 51 ans pour la même raison peut-être. Le labeur acharné nécessaire à leur œuvre immense a bon dos. Et Nietzsche, frappé d’abrutissement ? La moustache confisque votre force et votre énergie. Non seulement elle boit votre soupe mais je ne serais pas surpris d’apprendre qu’elle puise aussi dans votre sang. Elle l’éponge, elle le tarit. Très peu pour moi. J’ai une œuvre à écrire.

· Pour finir, quel est le mot que vous n’écrirez jamais ?

Nif, dans l’autre sens.

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Vous pouvez (devez) lire Eric Chevillard, dans le dernier Prix Virilo (Dino Egger, éditions de Minuit), tout comme sur son blog l’Autofictif,  ou encore le Monde des livres, le site du Théâtre du Rond Point … Bref, pour suivre son actu, c’est là.

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Le Prix Virilo invité d’Ouvert la nuit sur France Inter

16 nov

Elisabeth Quin, femme à moustache

Le Prix Virilo était, mardi 15 novembre, l’invité de l’émission Ouvert la nuit sur France Inter. Philippe Butigieg, son fondateur, interviewé par Elisabeth Quin, c’est à écouter ici : Ouvert la nuit, France Inter. Tout le studio s’est fait méchamment virilisé le dessus de lèvre.

On notera que Philippe n’a pas réussi à placer ses trois mots défis du jour : “Chibre, Bukkake littéraire et sperme”. Il devra donc retourner sur France Inter.

Prix Virilo 2011 : un poil dans la main, un journal dans l’autre

13 nov
Voici la revue de presse (non exhaustive) sur le Prix Virilo 2011.

Le Prix à moustache se la raconte aussi dans la presse

Le Prix Virilo tient à remercier tout particulièrement l’équipe de BibliObs pour son acharnement. Se dire viril, c’est bien, en parler, c’est mieux.


Avant-papiers

  BibliObs (Le Nouvel Observateur) - Le 28-10-11 à 13:24

Prix Virilo: une sélection au poil

Conformément à une tradition désormais en vigueur, le jury moustachu du Prix Virilo décernera ses prix littéraires le 7 novembre, une heure avant ceux du jury Femina. Voici leurs sélections: viriles, forcément viriles.

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 Newsbook.fr

Les finalistes des prix Virilo

Les deux prix Virilo seront remis juste avant le prix Fémina, en voici les ultimes sélectionnés :

Le Prix Virilo récompense un roman francophone publié dans l’année ayant touché le jury par son audace littéraire, sa justesse, ou toute autre qualité faisant sens. Les membres du jury peuvent être de tous poils, pourvu qu’ils aient du goût, qu’ils portent une moustache et qu’ils «votent en homme», même si personne ne sait vraiment ce que cela veut dire…

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Abao

Le prix Virilo, viril et moustachu.

Les membres du jury ont pour eux d’être assez pauvres mais d’acheter leurs livres et de ne pas avoir d’intérêt dans le monde des lettres. Il est à noter que nous lisons les livres et prenons le « risque » d’en écrire les critiques en toute transparence. Accessoirement, la moustache s’avère un prolongement glamour, y compris lorsqu’elle est portée par une femme. Enfin, les jurés apprécient toutes ces réunions qui sont aussi un excellent prétexte pour manger des rillettes. Cela fait tout de même beaucoup de bonnes raisons pour créer un prix, surtout les deux dernières.

Le livre Trop Virilo, d’une certaine manière, nous prend d’autorité, à la hussarde, quand notre « non » bredouillé voulait peut-être dire « oui, bon, je vais lire quelques pages », mais pas comme ça, sans beurre, sans rien. Contrairement à cette définition vague, le Prix Trop Virilo est certainement le prix que les jurés ont le plus de facilité à rendre, car il y a toujours un livre qui pisse évidemment le plus loin. Et c’est facile, il suffit de mesurer.

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Articles faisant suite à la remise des Prix

 BibliObs (Le Nouvel Observateur) - 08-11-11 à 09:18 par Leménager Grégoire

Le prix Virilo à Chevillard

En attendant le Femina, qui va cette année à Simon Liberati et son «Jayne Mansfield 1967», les moustachus qui contestent l’idée d’une littérature pour dames ont trouvé avec Eric Chevillard leur lauréat 2011. Mais ils n’ont pas oublié Eric Reinhardt pour autant.

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Mais comme il est pertinent, extraits choisis :

Médiapart n'a pas parlé du Prix Virilo. Honte à la plus belle moustache journalistique de France

- Fidèle à sa devise («un poil dans la main, un livre dans l’autre») le jury le plus velu de l’hexagone a décerné son prix Virilo du «meilleur roman francophone de l’année 2011» au savoureux «Dino Egger» d’Eric Chevillard.

- Eric Reinhardt, de son côté, ne repartira finalement pas tout à fait bredouille de la saison. Se réjouira-t-il cependant de succéder à Valéry Giscard d’Estaing et Virginie Despentes?

L'Express Culture L’Express.fr - le 08/11/2011 à 15:30

Eric Chevillard, prix Virilo 2011 pour Dino Egger

Eric Chevillard a remporté le prix Virilo 2011 pour Dino Egger (Editions de Minuit).

En contrepoint du prix Femina décerné à Simon Liberati (Jayne Mansfield 1967), Eric Chevillard remporte le prix Virilo pour Dino Egger (Editions de Minuit). Il a été préféré à Carole Martinez, qui a été primée par le Goncourt des lycéens pour Du domaine des Murmures (Gallimard).

Pour lire l’intégralité de cet article, cliquer ici

 Libération - Livres – Le 3 novembre à 17h09 - Par LUCIE ALEXIS

Le Prix Virilo, une moustache pour cacher un livre

Aux côtés des canoniques prix littéraires qui s’activent ces jours-ci, il en est un autre qui fait son nid, tout jeune, bien plus drôle et pas moins sérieux : le prix Virilo, pendant du prix Femina. Découverte.

Cet article, excellent puisqu’il parle du Prix Virilo, est à lire dans son intégralité en cliquant ici

 Le Magazine Littéraire | 08/11/2011 | Prix littéraire

Chevillard et Reinhardt récompensés par les moustachus du Virilo

Non loin du Crillon, où se réunissait le jury du Femina, le prix Virilo a été attribué à Eric Chevillard pourDino Egger (Ed. de Minuit) et le prix Trop Virilo à Eric Reinhardt pour Le Système Victoria (Stock).

Pour lire l’intégralité de cet article, cliquer ici

Le Matin / La Tribune de Genève (Suisse) - 08. novembre 2011, 16h49 - Laureline Duvillard

Humour – Prix Virilo, le rival du Femina

Renaudot, Goncourt, Femina, l’automne est marqué par les prix littéraires. Au milieu de ces récompenses prestigieuses, le Prix Virilo tente de se faire une place tout en insufflant une dose d’humour bienvenue.

Pour lire l’intégralité de cet article, cliquer ici (Le Matin) ou ici (La Tribune de Genève)

My Boox - 08/11/2011

Eric Chevillard, lauréat du prix Virilo

Un peu de virilité dans ce monde littéraire de douceur ! Alors que le jury Femina couronnait Simon Liberati à l’hôtel Crillon, le prix Virilo a été remis, non loin de là, lundi 7 novembre, à Eric Chevillard pour son roman Dino Egger (Ed. de Minuit). L’écrivain l’a emporté en finale face à la récente lauréate du Goncourt des Lycéens, Carole Martinez et son Domaine des murmures (Gallimard).

Pour lire l’intégralité de cet article, cliquer ici

"Chérie, j'ai lu tous ces articles sur le Prix Virilo, c'est décidé, je me laisse pousser la moustache"

Et puisque nous aimons aussi les critiques acerbes, surtout si elles émanent d’auteurs nommés…

 Aymericpatricot.com – mercredi 9 novembre 2011 à 22:46

Un livre fantôme au Prix Virilo !

Pour l’anecdote, une autre marque de leur humour (sans doute involontaire, cette fois-ci) a été d’inscrire dans leurs titres sélectionnés l’un de mes romans, L’homme qui frappait les femmes. (…) Le problème est que le texte existe bien, mais que le livre n’a jamais été publié ! Tout juste le titre est-il apparu sur le net lorsque j’ai envisagé sa publication cette année chez Léo Scheer, pendant quelques semaines, avant d’y renoncer pour diverses raisons – notamment l’envie de limiter la publication de textes courts (en l’occurrence, une centaine de pages) pour éviter la dispersion et me concentrer sur des projets plus conséquents.

Il faut dire que le titre paraissait fait pour l’intitulé du prix ! Peut-être aurait-il fallu prévoir un prix pour le titre le plus Virilo de l’année ? J’aurais pu concourir !

Pour lire l’intégralité de cet article, cliquer ici



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Photos de la remise

8 nov

Pose ton accessit sur mon épaul-euh (reprise par les Compagnons de la Virilité)

La littérature s’immisce partout, y compris dans le roman photo, art mineur trop décrié par l’élite parisianiste (que l’on pendra avec les tripes du dernier autofictionneur). Le Prix Virilo se commet donc dans cette tentative louable de vous faire vivre de l’intérieur la remise des prix et la petite fête bien arrosée d’hier.

C’est là : ROMAN PHOTO 2011 de la remise

NB : Nous mettons à disposition des maisons d’édition et librairies qui en font la demande des bandeaux pour doper leurs ventes, que ce soit en Prix Virilo, Trop Virilo, ou accessits. La crise du livre est déjà derrière nous avec ça.

Bonne journée à tous.

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Et les vainqueurs sont…

7 nov

Une image de Dino Egger, Merci à Louison

Le prix Virilo s’est posé dimanche. C’était du pâté de tête.

Il a voté. Au second pot de rillettes, le premier juré a menacé de sortir de la salle. Puis tout s’est apaisé autour d’un bon mot. Ce fut dur, mais comme dirait Xavier, si c’est mou, ce n’est pas très viril.

LE PRIX VIRILO 2011 revient à ERIC CHEVILLARD, pour DINO EGGER.

Il bat en finale Carole Martinez, pour “Du domaine des murmures”.

Eric Chevillard réussit avec brio un roman qui dépasse l’exercice -ébouriffant- de style et la parodie biographique, pour nous plonger dans une quête sur le sens des vies géniales, au plus près des Monty Python.

Parler sur 200 pages de non-existence tout en restant drôle est extrêmement viril.  Si.

(Lire notre critique ici)

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LE PRIX TROP VIRILO 2011 revient à ERIC REINHARDT, pour LE SYSTEME VICTORIA.

Eric Reinhardt, le jury te dit "Bravo". Et t'offre trois fruits.

Il bat en finale Valéry Giscard d’Estaing, pour Mathilda. Ce fut sanglant.

Valéry a pour lui l’expérience, le fait d’être un immortel, et une corruption constante d’une partie du jury (le jury féminin à moustache, ce qui semble l’exciter). Mais voilà, Eric Reinhardt, c’est la fougue d’un écrivain qui s’apprécie beaucoup. C’est un héros endurant (atteint de priapisme mais qui n’éjacule pas). C’est surtout un héros dont l’éjaculation finale cause la mort du personnage central (Victoria). Ce qui est tout de même donner dans un livre de 500 pages beaucoup de pouvoir à quelques gouttes de sperme. Ca nous a semblé suffisant.

(Lire nos critiques ici)

 

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LISTE DES ACCESSITS

Comme chaque année, il est difficile de se limiter à deux prix. Les accessits sont là pour récompenser les nombreux livres lus.

Le Prix Pilon du livre qui a le mérite d’avoir gâché du papier pour son impression et celle des articles qui en ont parlé est attribué à Les souvenirs de David Foenkinos.

L’accessit « anosognosie » du livre qu’on aimerait bien oublier est également attribué à Les souvenirs de David Foenkinos.

C'est Eric qui va être content. Eric, un peu moins.

Le Prix du livre « qu’on n’a pas lu parce que c’est comme ça, il y en a qui ont moins de chance que les autres » est attribué à Delphine de Vigan pour Rien ne s’oppose à la nuit.

Le Prix François Busnel du livre « Chérie, tu as écrit un livre extraordinaire, mais n’oublie pas d’acheter du pain tout de même » revient à Delphine de Vigan pour Rien ne s’oppose à la nuit.

Le Prix du roman qui risque fort d’être plagié par Joseph Macé-Scaron est attribué à Nestor rend les armes, rédigé par son ancienne adjointe Clara Dupont-Monod

Le Prix de la première phrase qui commence vraiment mal est attribué à Solution Terminale, d’Anne Maro : « A l’horloge du beffroi, l’heure. »

L’accessit du livre qui se serait appelé « Longtemps je me suis couché de bonne heure » si l’auteur avait lu Proust est attribué à Aujourd’hui maman est morte, de Charles Berling.

L’accessit « Ce ne sont pas mes Rayban, ce sont mes narines » est attribué à Michel Lesbre pour Un lac immense et blanc.

Les Prix CaraMail des auteurs qui découvrent l’Internet en 2011 sont attribués à Rom@, de Stéphane Audeguy et Cyr@no, de Bessora.

Le Prix « Cindy Sander » est attribué à Le Papillon et la lumière de Patrick Chamoiseau.

Le Prix « Jacques Séguéla de la phrase qu’on regrette » est attribué au titre du roman de Shumona Sinha, Assommons les pauvres.

L’accessit Tchin Tchin d’Afflelou est attribué conjointement à Sans lunettes, de Géraldine De Radigues, et à Je vous prête mes lunettes d’Anna Rozen.

Le Prix du générateur aléatoire de titres de Jane Austen est attribué à Orgueil et désir de Myriam Thibault.

Le Prix « C’est gentil d’avoir pensé à nous mais non, merci, le Prix Trop Virilo ne vous primera pas cette année », est attribué à Enculé de Marc-Edouard Nabe.

L’accessit « oxymore de la mort » revient à Un si proche éloignement de Luc-Michel Fouassier.

Le Prix « Les Nazis, c’est so 2010 » est attribué à Pour mémoire de Mazarine Pingeot.

Pour finir, Nothomb qu’on n’a pas donné d’accessit à Amélie.

L'Akadémie Virilo (pas toute...) . (Orthographe jeune et branchée)

Liste des finalistes !

28 oct

... et elle sera bien fournie le 07 novembre

Moustache de fête ! Enfin ! Après plus de trois heures d’ingestion de terrine et de pâté de tête, le jury a lampé sa bière -riant fort, grandes claques dans le dos, pisse sur les femmes infidèles- puis a rendu sa liste de finalistes, pour les prix Virilo et Trop Virilo.

Comme nous achetons tous nos livres, certaines maisons d’éditions peuvent déjà s’enorgueillir de dix ventes de plus. Evidemment, cela ne couvre que partiellement les “enveloppes RP” qu’elles nous ont envoyés. Nous présentons d’ailleurs nos excuses auprès du Castor Astral, son panier garni a été apprécié mais il est certains livres que l’on ne peut pas dignement inscrire en finale. Et pour l’année prochaine, sachez que nous préférons l’argent à la tapenade.

A part ça, des listes de co-lecture se forment histoire de ne pas acheter en huit exemplaires le livre de VGE : il n’est pas facile à refourguer à Noël, celui-là.

FINALISTES   PRIX   VIRILO  2011 :

Rappel : Le Prix Virilo récompense le meilleur roman francophone de l’année 2011. Outre sa bonne tenue stylistique, le roman devra conquérir le jury et lui faire, page après page, dresser les poils de moustache d’un plaisir littéraire incommensurable.

Ce que j’appelle oubli, de Laurent Mauvignier (Éditions de Minuit)

Dino Egger, d’Éric Chevillard (Éditions de Minuit)

Du domaine des murmures, de Carole Martinez (Gallimard)

L’art français de la guerre, d’Alexis Jenni (Gallimard)

- Le Turquetto, de Metin Arditi (Actes Sud)

Limonov, d’Emmanuel Carrère (P.O.L.)

Nestor rend les armes, de Clara Dupond-Monod (Éditions Sabine-Wespieser)

Pièce rapportée, d’Hélène Lenoir (Éditions de Minuit)

Tous les trois, de Gaël Brunet (Éditions du Rouergue)

- Un certain mois d’avril à Adana, de Daniel Arsand (Flammarion)

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FINALISTES PRIX TROP VIRILO 2011 : 

Rappel : le Prix Trop Virilo récompense la plus belle poussée de testostérone de la rentrée littéraire. C’est un ouvrage qui doit sentir l’homme, l’aigre vestiaire de fin de match.

La balance des blancs, de Jacques Henric (Seuil)

Ces Messieurs-dames de la famille, de J-P. Coffe (Plon)

Le système Victoria, d’Eric Reinhardt (Seuil)

Les découvertes, d’Éric Laurrent (Éditions de Minuit)

Mimi, de Sébastien Marnier (Fayard)

Mathilda, de Valéry Giscard d’Estaing (Xo)

L’homme qui frappait les femmes, d’Aymeric Patricot (Léo Scheer)

La Balance des blancs reçoit le label "Michel Blanc à moustache"

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Nestor rend les armes, de Clara Dupont-Monod

27 oct

Ed. Sabine-Wespieser

Lu par Xavier

Moustache fournie

Fat moustache

Spoiler alert : des éléments de cet article dévoilent l’intrigue du roman.

Le titre le plus classe de la rentrée ?

C’est un petit livre sur un gros. Les obèses ont peu droit de cité dans la littérature, anti-héros qu’on juge peu intéressants comparés à un artiste loser dans lequel l’auteur arrivera toujours à placer ci et là un peu d’autofiction. Obèse, Clara Dupont-Monod ne l’est pas. Mais elle a bien compris que, dans certain cas, l’obésité était l’expression d’un malaise interne. Et la source d’une solitude incroyable. C’est sur ces deux points que s’appuie son livre.

Tous les Nestor ne sont pas obèses. Tous gagneraient à porter la moustache.

Nestor, immigré argentin, arrivé en France par hasard, marié avec une immigrée argentine par dépit, dévasté par le décès de sa fille, avale les calories pour faire disparaître ses malheurs. Les premiers restent, les seconds aussi. S’il n’aime plus sa femme, coupable d’avoir laissé mourir l’enfant dans son bain pendant qu’elle se concentrait sur sa machine à coudre, c’est aussi parce qu’il n’aime plus la vie, alors à quoi bon aimer son corps ?

Nestor, adepte de la "fat moustache"

La force de “Nestor rend les armes” est pourtant de ne pas s’attarder sur cette trame de fond mais de faire avancer l’histoire. L’handicap de ce corps, Nestor devra le surmonter pour rendre visite quotidiennement à sa femme mal-aimée plongée dans le coma à la suite d’un accident de la voie publique. En confrontant les malheurs de son protagonistes à ceux d’autres personnages, notamment celui d’une femme médecin à l’hopital, Clara Dupont-Monod évite le jugement.

L’écriture est limpide, précise. On peut toutefois reprocher à Clara Dupond-Monod deux choses : de proposer trois fins alternatives, dont l’intérêt est assez mineur, mais surtout un manque d’épaisseur (sic) des personnages. Le roman aurait gagné à peser un peu plus (double sic), on reste un peu sur notre faim (triple sic).

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Lu par Philippe

Rasoir suant

Ce livre est tout bourrelé de bonnes idées : Il parle d’un obèse, il a un super titre, le héros s’appelle Nestor, se fait pousser une moustache (par laisser-aller certes, mais tout de même), Nestor est dense, dévoile ses blessures dans un livre court qui propose plusieurs fins au lecteur.

mais il ne rend pas son dîner

Tout cela aurait pu être très chouette si les personnages ne sonnaient pas totalement faux une bonne moitié du livre, dans un dolorisme agaçant, avec des ellipses pour faire “portrait impressionniste” mais qui font juste brouillon. Cette impression est amplifiée par la triple-fin gadget, qui aurait pu être intégrée en une seule narration limpide et qui n’apporte pas grand chose en l’état à part témoigner du non-choix de l’auteur. Le pachydermique naufrage du héros  n’est jamais allégé par l’écriture. Etait-ce l’ambition de l’auteur, de lier ainsi (alors avec brio) le fond et la forme en une première moitié asphyxiante de lourdeur et d’ennui ? L’auteur en fait ou trop, ou pas assez : Les images utilisées sont originales mais manquent de pouvoir d’évocation. La structure du texte est intéressante, mais ne traite pas à fond son sujet (un texte court et elliptique, ça fait beaucoup). Pour tout vous dire, j’ai beaucoup pensé à Gavalda (époque Je l’aimais) en le lisant, en plus court, ce qui est toujours ça de pris. Ou à une Barbery qui essaierai d’être constamment originale. L’auteur tenait là un formidable sujet et quelques idées narratives. On sait maintenant que cela ne fait pas un livre.

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